« La neuvième heure » de Alice Mc Dermott

Éditions Quai Voltaire
Parution le 23 août 2018
Explorateur rentrée littéraire 2018 via lecteurs.com

Lorsque Annie quitte son domicile pour partir faire quelques courses, elle ne peut pas imaginer ce qui va se produire. Jim, son mari, a décidé de mettre fin à ses jours. Au gaz. A son retour, elle découvre ébahie la scène qui l’attend et frôle la catastrophe : la moindre étincelle et tout serait parti en éclats.

Jim laisse donc ainsi derrière lui une jeune veuve et une petite fille à naître. Perdues. Mais c’est sans compter sur le passage de Sœur Saint-Sauveur qui va aider Annie à se sortir de cette situation, la prendre sous son aile et l’accueillir au sein de son couvent. Elle y trouvera toute sa place : elle aura un travail, mettra au monde et y éduquera sa fille Sally, au rythme et selon les règles du lieu. Ô combien strictes…

Au fur et à mesure, Sally laissera la foi l’envahir jusqu’à cette « révélation »… Pensant être prête à suivre le chemin de ses hôtes, les Sœurs la mettront vite à l’épreuve.

Je ne suis pas très enthousiasmée par ce livre. Ou peut-être m’attendais-je à autre chose qui ne vint pas ? Pourtant l’histoire est touchante, par l’approche de l’auteur autour de ces personnages, que l’on pressent comme un peu « paumés » ; mais il me manque mon accroche et le rythme m’a semblé lent. J’aurais aimé connaître un peu plus Annie : son histoire, sa personnalité… J’aime m’attacher aux personnages mais j’ai besoin d’en savoir un peu plus sur eux. Ensuite, même si l’histoire est tournée autour de sa nouvelle vie au sein du couvent, j’ai eu l’impression que l’auteur s’est davantage focalisé sur les « Sœurs ». J’ai lu « Le domaine des murmures » de Carole Martinez et je m’attendais à ce type d’atmosphère, un genre de huis-clos, où Annie se serait recentrée sur elle-même… laissant un peu plus la place au côté mental…

Le style d’écriture est intéressant, cela reste une lecture agréable et simple… mais manquant un peu de rythme. J’ai coutume de dire que la lecture est aussi une histoire « d’instant » ; il arrive parfois qu’on passe à côté d’un livre parce que le moment ne se prêtait pas à sa découverte…

la neuvieme heure de alice mc dermott

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« Les mains dans les poches » de Bernard Chenez

Éditions Héloïse d’Ormesson
Parution le 16 août 2018
Explorateur rentrée littéraire 2018 via lecteurs.com

Le narrateur se souvient. Il se replonge dans les souvenirs des moments, plus ou moins forts, de sa vie. A travers son récit, il nous fait voyager dans le temps, à cette époque passée et pourtant pas si lointaine. Une période maintenant révolue dont l’empreinte continue à subsister en lui.

« Vous croyez pleurer. C’est la pauvreté qui vous crache à la gueule. »

Il nous raconte sa mère, son père, son enfance, le court temps d’une rencontre, d’un petit amour éphémère, l’usine et sa cadence…

« On se construit les cathédrales que l’on peut. La mienne était faite de toile et de vent. Elle n’a duré que le temps d’un printemps. »

Il se remémore même ses voyages en transport, ce métro ou train de banlieue où les usagers s’agglutinent. Ces corps qui s’entrechoquent. Leur bruit. Et alors il imagine…

« Ce chapelet d’apparences humaines est un livre ouvert. J’en feuillette les pages. J’en lis les histoires. Qu’importe celle que j’invente. »

La violence de son père qui a jalonné son existence. Ses pics d’agressivité, ses gestes brutaux envers sa mère…

« Déguerpir les mains dans les poches, c’est moins facile pour serrer dans ses bras ceux qu’on voudrait aimer. »

Petit livre qui se lit rapidement dans lequel le narrateur se plonge et nous plonge dans ses souvenirs, dans cette France de l’industrie, de l’enfance… Je n’ai pas été touchée par le personnage, je n’ai pas réussi à m’y attacher. J’ai eu du mal à comprendre où l’histoire me menait… j’ai pourtant bien relevé quelques extraits, aux jolis mots, aux douces phrases… Je suis passée à côté, je n’ai pas été séduite…

les mains dans les poches de bernard chenez