Rencontre « Sarah Cohen-Scali » – 24 Septembre 2018 chez Babélio

Rencontre sarah cohen scali pelemele

Les mots de l’auteure…

 

  • Sans spoiler le livre, pourquoi ce titre « Orphelins 88 » ?

J’ai imaginé ce titre. Je voulais qu’il évoque les « enfants volés ». Le code 88, dont vous trouverez la signification dans les premières pages de votre lecture, est bien réel et d’ailleurs encore en vigueur chez les néo-nazis.

 

  • Comment est née l’idée d’écrire « Orphelins 88 » ? Votre source d’inspiration ?

En 2012, j’ai écrit mon premier roman historique, « Max », qui parle du projet Lebensborn. L’histoire se déroule au même endroit que « Orphelins 88 », dans ce même orphelinat.

« Orphelins 88 » est arrivé cinq ans après. Lorsque j’ai mis mon point final à « Max », je l’ai vécu comme une réelle contrainte : j’ai continué à vivre avec ce personnage, cette période et surtout ce concept du Lebensborn. Je me suis alors posée la question : Que sont devenus tous ces enfants, orphelins de l’après-guerre ? C’est ainsi qu’est né « Orphelins 88 ».

Reflex de violence pour un reflex de survie. En 1946, après la libération des camps, beaucoup de pogroms sanglants ont eu lieu.

Comment vivre après ça ? Des hordes d’enfants errent en quête de leur identité, de leur histoire. Toutes les scènes quotidiennes décrites dans le livre sont aussi un moyen de démontrer comment les orphelins vivaient après la guerre.

Quasiment tous les enfants de ce livre ont existé : Halina, par exemple, est retournée de Pologne en Allemagne et a frappé à la porte de cet orphelinat, qui l’a accueillie, c’est sa véritable histoire. Béate est celle qui a été la plus construite à partir de « La trêve » de Primo Lévi.

Ecrire ce livre c’est un peu comme un devoir de mémoire. Se retrouver. Le passé. Un peu comme un polar, avec des enquêteurs, des identités perdues. Des traumatismes.

 

  • Comment avez-vous procédé pour l’écriture de ce livre ?

J’ai effectué énormément de recherches qui m’ont permis de découvrir beaucoup de détails sur ce thème : images, archives,… J’ai toujours eu beaucoup d’intérêt pour ce sujet. L’après-guerre, ce n’est pas que la joie de la libération, c’est aussi et surtout une Europe détruite, la faim, des orphelins… peut-être loin de la réalité…

La scène du passage à tabac est réelle, témoignage du degré de violence qui hantait encore les lieux.

Lorsque j’ai commencé à écrire « Orphelins 88 », c’était dans l’optique d’une suite de « Max », c’est en partie pour cette raison que j’ai choisi l’écriture à la 1ère personne. Mais par la suite, il s’est avéré trop complexe de le présenter aux éditeurs comme un tome 2, d’où une certaine déception, au vu du travail accompli et des recherches réalisées. C’est ainsi qu’est né le personnage de Josh pour en faire le héros : il fait aussi partie de mon livre précédent, Josh est le Lucas de « Max », un des enfants qui gravitait autour sans se rebeller.

Au fil de mes investigations, j’ai aussi découvert à quel point les anciens GI’s noirs se sentait mieux en Allemagne après la guerre que dans leur propre pays, aux Etats-Unis, le personnage de Wally en est la parfaite illustration.

  • Quels livres ou œuvres vous ont aidée ?
    « L’Europe barbare » de Keith Lowe, qui traite des conséquences de la guerre.
    « Ecrire pour sauver une vie » de John Edgar Wideman

Je me suis aussi beaucoup inspirée d’un livre que j’ai lu, en hommage à Greta Fischer, dans lequel j’ai retrouvé quelques lignes évoquant des enfants pris en charge par l’UNRRA. Je fais alors la rencontre littéraire d’un enfant perdu, trouvé par une femme et déposé dans un orphelinat.

D’autres livres m’ont également aidé dans la construction de mes personnages :

        « La trêve » de Primo Lévi
        « Le choix de Sophie » de William Styron

 

  • En quelques mots, pouvez-vous nous présenter « Orphelins 88 » ?

C’est l’histoire de ces enfants, perdus, de l’après-guerre. Et plus particulièrement de cet enfant, Siegfried / Josh, qui ne sait plus qui il est, son histoire, sa famille, il est dans l’obscurité et l’opacité la plus totale. A force de patience et de recherches, il découvre finalement qu’il est juif et a été l’esclave d’un certain Bruhns.

Comme le dirait Boris Cyrulnik : « La lecture a été capitale pour se reconstruire ».

« La lecture pour acquérir des armes ».

Et c’est aussi ce qu’on retrouve dans cet ouvrage, le fil de la lecture, un Josh qui aime les livres, j’ai transposé cette passion qui est la mienne sur mon personnage principal.

Il est essentiel de trouver le bon équilibre entre les faits historiques et la trame romanesque.

La question de l’âge ne se pose pas, tous les lecteurs peuvent lire ce livre, ce livre s’adresse surtout à moi.

Publicités

Une réflexion sur “Rencontre « Sarah Cohen-Scali » – 24 Septembre 2018 chez Babélio

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s