« Ma soeur, serial killeuse » d’Oyinkan Braithwaite

Editions Delcourt – La Croisée
Parution le 13/02/2019
235 pages

Ayoola se débarrasse de ses conquêtes les une après les autres. Korede vient à son secours et nettoie, que dis-je, décape les scènes de crimes que sa soeur laisse derrière elle. Un duo hors du commun.
« Ayoola m’appelle et prononce ces mots que j’avais espéré ne jamais plus entendre : Korede, je l’ai tué ».

Korede est infirmière dans un hôpital du Nigeria. De par son métier, son travail occupe beaucoup sa vie. Célibataire, elle a flashé sur Tade, médecin du même établissement. Korede l’aime secrètement, Ayoola ouvertement, ce qui finit par agacer fortement Korede.
Ayoola est la plus belle des deux. Uniquement de l’extérieur. Son charme envoûte les hommes et les attire telle une sirène des mers, mais en eaux troubles. Ses relations ne durent jamais très longtemps et se terminent toujours par une fin tragique récurrente.
« Je me demande où elle cache le couteau. Je ne le vois jamais, sauf quand j’ai aussi l’occasion de contempler un corps qui se vide de son sang à mes pieds… ».

Elles vivent toutes les deux avec leur mère et la « petite bonne ». Leur complicité est infaillible. Korede se sent responsable de sa soeur et au moindre de ses appels, elle accourt. Mais quand le poids de la conscience devient trop lourd à portée, Korede se confie à un patient plongé dans le coma. Elle lui parle, elle lui raconte, elle se confesse à lui… Mais jusqu’à quand ? Pourquoi Ayoola a-t-elle ce comportement ? Quand vous découvrirez son passé et l’histoire du père, vous comprendrez… Mais… Je vous laisse plonger dans cette lecture…

Ce roman m’a littéralement envoûtée. Comment s’attacher à de telles personnages ? Il est très addictif, dès qu’on l’ouvre, on ne peut plus le lâcher. Il a tout d’un grand, d’un best seller. J’ai hâte de découvrir son adaptation cinématographique… Bravo à Oyinkan Braithwaite et un immense merci aux Éditions Delcourt – La Croisée pour ce coup de foudre !

Les Avrils – rencontre virtuelle du 9 février 2021

Les mots de Raphaël Alix…

Dans ce livre, le rapport au corps est essentiel. Il y est question de masculinité et de mettre en perspective comment chacun occupe son corps et comment il le traite.
Un homme tombe enceinte. Le roman glisse ainsi vers la virilité, la parentalité, la part du père. Raphaël a voulu en faire un récit fiction, dans cette ambiance de tango, qu’il trouve très beau. La danse est comme une parabole d’assignation de genre de « L’homme mène, la femme suit ».
Sa compagne est tombée enceinte de jumeaux, ce qui a alimenté l’idée et la réflexion, en bousculant les choses.
Raphaël trouve son inspiration dans la fantaisie, beaucoup dans le cinéma. Il s’inspire aussi de Marie Darrieussecq, Tanguy Viel. Le choix de ses personnages s’est porté sur des anti Héros, ils ne font pas partie des grands du monde.
Pour Raphaël, en tant que romancier, son désir est de poursuivre l’écriture, plutôt orientée vers une dimension fictive, il a très envie de poursuivre dans le domaine du roman.
La rencontre de Raphaël avec les Avrils  avait déjà été comme préméditée, puisque son texte avait déjà été lu par Lola Nicolle dans une maison précédente. Puis il a appris la création de la collection et il lui a envoyé à nouveau son texte, pile au moment de la création des Avrils.

Quelle chance pour nous lecteurs aussi que cette rencontre se soit réalisée. Merci pour ce beau moment !

« Le premier homme du monde » de Raphaël Alix

Éditions Les Avrils
Parution le 03/02/2021
188 pages

Je ne saurai comment vous dire ni vous expliquer ce que j’ai ressenti en lisant ce livre. A part que ce fut un pur kif littéraire. Au-delà du fait qu’il s’agisse d’une lecture à prendre au 3ème ou 4ème degré, je l’ai surtout trouvé très poétique. Ne me demandez pas pourquoi. Peut-être sa plume. Certainement cet air de tango qui n’a cessé de m’accompagner. Comme leurs chaussures de danse glissent sur la scène de cet amphithéâtre, les pages ont filé entre mes doigts.
Même si l’histoire de Marcus et Rose est fantasque, elle m’a transportée. 
Tous deux fervents danseurs de tango, dans ces alcôves des bords de Seine, ils s’aiment. Et de cet amour, Rose voudrait que naisse un enfant. La première réaction de Marcus fut assez vive et tranchée : ce fut non. Voyant l’impact de cette décision ternir le joli visage et tout le corps de sa bien aimée, il finit par se faire une raison et accepter.
Les tentatives savamment surveillées se sont répétées et un jour, elles finirent par porter leurs fruits : une petite graine fut déposée.
« Nous n’en reparlâmes plus. Je continuai ma  couvade dans mon coin, pendant que Rose, elle, mourait à petit feu. »

Les premiers symptômes firent leur apparition et aussi fou que cela puisse paraître, le verdict tomba : le bébé s’était logé dans le ventre de Marcus : il était « enceint ».
« Par je ne sais quelle opération, je ne sais quel maléfice fomenté par mon inconscient, j’étais en train de devenir une femme, la poitrine et le ventre protubérants, à pleurnicher au moindre prétexte, vous imaginez un peu le désastre ? »

Le périple commence. Des scènes abracadabrantesques vont se succéder. Imaginez juste un instant cette situation. Mais non, n’imaginez pas, lisez ce livre.
« Et si pour elles, je m’en rendais compte à présent, si pour elle ça avait tout d’un chemin de croix, alors imaginez la même chose pour un pauvre bougre, un type moyen de mon genre. »
Et c’est ainsi que commença l’incroyable  histoire du « premier homme du monde » que Raphaël Alix nous fait vivre à travers son bluffant roman. Je remercie les Éditions Les Avrils pour ce beau cadeau.
« Je nommerai la toile « le premier homme du monde », nous dit jacinthe…Tu es le premier Marcus…. le pionnier, le seul d’entre tous à avoir osé. Osé la grossesse, osé enfanter, franchir la barrière, et par là, le seul qui enfin deviendra un homme entier. »

« Et si l’herbe était vraiment plus verte à la campagne ? » De charlotte Léman

Auto-édition Amazon
Parution le 12/12/2020
242 pages

Léa est une jeune femme active, citadine, en couple avec Nathan qui préfère largement  partir en virée entre potes sans sa dulcinée. Un jour, sa grand-mère Lucille (dont je préfère le surnom Mamita) l’appelle à la rescousse : une fracture du poignet la prive de son autonomie, elle a besoin de Léa à ses côtés.
La voilà partie, destination Bourlotte-La-Grande. C’est la campagne. Léa y a vécu de sacrés moments, en garde de drôles de souvenirs… Mais elle avait vite oublié combien cet endroit était « paumé », ce dont elle va aussi vite se rendre compte.
Les retrouvailles avec sa grand-mère en sont une parmi les autres, ses vieilles connaissances et autres amitiés du passé vont refaire surface. Jusqu’au jour où Léa va découvrir le pot aux roses… une supercherie savamment arrangée qui lui vaudra son départ de Bourlotte-La-Grande. Mais ce n’est qu’un aurevoir temporaire, un nouvel événement la ramènera dans ces terres…

Un grand merci à vous Charlotte, pour ce roman qui fait du bien, qui donne envie de grimper sur un vélo et déambuler au beau milieu des champs. J’ai passé un bon et beau séjour campagnard.
Du coup, j’ai bien envie d’aller à Bourlotte-La-Grande. Je veux rencontrer Mamita, entendre chanter Gustave, aller dans cette petite boutique de produits « locaux locaux », suivre les pas de Léa de retour dans ce lieu. Profiter de cette quiétude, sentir l’air qui sent bon. Aller boire un verre avec eux, moi aussi, faire partie des leurs.
A l’heure où nous sommes tous plus ou moins confinés entre quatre murs, le roman de Charlotte Léman ouvre nos fenêtres, pousse nos murs, nous laisse respirer… Son livre n’est pas de tout repos, ça bouge là-dedans. J’ai beaucoup rit (cette scène où Léa mange une pièce montée avec son appareil dentaire), je me suis sentie comme chez moi là-bas. Et puis l’image de Mamita préparant son fameux pain perdu, m’a rappelé ma grand-mère et la générosité avec laquelle elle nous accueillait toujours les bras ouverts.
Finir ce livre, un joli sourire aux lèvres !