« Au bonheur de lire – Les plaisirs de la lecture » par Daniel Pennac, Marcel Proust, Nathalie Sarraute…

Édition Folio 2€

Groupe Facebook Littélecture : lecture commune – Défi n°1

Chacun leur tour et chacun à sa façon, chaque auteur met à l’honneur la lecture et les livres par les extraits de ses œuvres les plus connues : Emma Bovary, Journées de lecture, Le liseur, Fahrenheit 451, Comme un roman…

Le plaisir de la lecture, le plaisir de se retrouver englouti au cœur de ces pages, ces histoires, ces personnages qui nous emmènent dans leurs aventures, le plaisir de se retrouver seul, un livre à la main, isolé, rien que le livre et son lecteur.

Lecture brève et très riche en références à ces quelques classiques, rendant un bel hommage aux mots, à l’écriture qui sans sa lecture ne pourrait exister…

Lu dans le cadre d’un défi de lecture commune, lancé dans le groupe Facebook Littélecture.

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« Une vie » de Maupassant

Jeanne, fille du baron Simon-Jacques et de la baronne Adélaïde, est une jeune aristocrate qui, pour ses dix-sept ans, quitte le couvent pour commencer une vraie « vie ». Elle s’en va donc de chez elle avec son père et sa mère qui lui lèguent un château pour y vivre avec son prochain mari. Celui-ci, Julien de Lamare, qu’elle rencontre dans les quelques jours suivants sa sortie du couvent, est un véritable avare et un égoïste, mais elle ne le découvre qu’après leur mariage. Il trompe Jeanne avec sa domestique Rosalie qui tombe enceinte, puis avec une voisine du nom de Gilberte de Fourville qui se disait amie de Jeanne.

Jeanne accouche prématurément de son premier enfant, Paul, qui connaît quelques problèmes de santé. Son deuxième enfant (une petite fille) est mort-né, le jour même où M. de Fourville tue Julien, après avoir découvert qu’il était l’amant de sa femme. Paul part en pension à quinze ans au collège du Havre, où il suit des études. Jeanne se retrouve ainsi seule après la mort du baron, de la baronne et de sa tante Lison. Alors qu’elle est rongée par le chagrin et qu’elle tombe dans une dépression que la solitude n’arrange pas, Jeanne retrouve par hasard Rosalie, son ancienne domestique. A cause des dépenses abusives de son fils Paul qui ne cesse de s’endetter, Jeanne se trouve en difficultés financières. Elle vend alors le château qui pourtant lui tient énormément à coeur, et emménage ailleurs avec Rosalie. Sans nouvelles de Paul, Jeanne s’enfonce dans sa tristesse qui la vieillit à une vitesse alarmante. Un beau jour, Paul se trouvant une fois de plus dans une situation financière délicate, va demander à Jeanne de s’occuper de son enfant, qu’il a eu avec une débauchée morte lors de l’accouchement. Grâce à l’arrivée de ce nourrisson et la promesse que son fils lui fait de la rejoindre très bientôt, Jeanne retrouve le goût de la vie.

Imposer la lecture de classiques à des ados n’est pas la meilleure solution pour les faire apprécier à leur juste valeur… Très belle œuvre à l’écriture pleine d’arabesques. La vie de Jeanne, sa sortie du couvent, ses rêveries amoureuses, son mariage, les trahisons de son bienaimé mari, son veuvage, sa solitude, sa renaissance. Il n’est jamais trop tard pour rattraper ces lectures cultes non lues, surtout pour enfin savoir y prendre plaisir à les (re)découvrir…

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« Tous les matins du monde » de Pascal Quignard

Mr De Sainte Colombe est veuf, il vit avec ces 2 chères filles Toinette et Madeleine.
Il lui arrive parfois de revoir sa défunte épouse, lorsqu’il s’installe sur sa barque, qu’elle aimait tant, il lui offre du vin de couleur rouge, une gaufrette. Comme il aimerait pouvoir la toucher mais « ce n’est que du vent » comme elle aime à lui dire de l’au-delà.
Mr De Sainte Colombe a une passion : la viole. Instrument qu’il finira par enseigner à Mr Marin Marais, jeune homme qui s’éprendra de ses filles… pour le bonheur de l’une mais le malheur de l’autre…
Comme il est bon de réviser ses classiques, d’en découvrir encore, de les dénicher et les faire revivre. Ce petit livre d’une centaine de pages nous invite à la lecture d’une très belle écriture. Le lire sur un fond musical pourrait totalement être de circonstance… Au son de la viole… Et gardons toujours dans notre mémoire que « Tous les matins du monde sont sans retour ».

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« Journées de lecture » de Marcel Proust

De sa plume délicate et magnifique, Marcel Proust nous dessine un bien bel éloge à la lecture. Comparer un livre à un ami, ou plutôt les confronter dans notre mode d’échange avec l’un ou l’autre. Les liens qui se tissent avec les personnages, le déchirement d’interrompre sa lecture du « Capitaine Fracasse » pour aller dîner, lever les yeux de ses mots qui nous font tant voyager… Décrocher de cet univers dans lequel la lecture nous immerge.
Et puis, au détour de ces quelques pages, de jolies phrases :
« Dans la lecture, l’amitié est soudain ramenée à sa pureté première… Ces amis-là (les livres), si nous passons la soirée avec eux, c’est vraiment que nous en avons envie. Eux, du moins, nous ne les quittons souvent qu’à regret… »
« … On aime toujours un peu sortir de soi, à voyager, quand on lit. »

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« Au bonheur des ogres » de Daniel Pennac

La sortie du dernier Pennac « Le cas Malaussène » a suscité ma curiosité pour cette famille et ce monde « Pennaciens »… que je ne connaissais pas, aussi incroyable que cela puisse paraître. Quel plaisir loufoque que la découverte de ces personnages tonitruants en façade et touchants en profondeur. Ce grand frère dans son rôle de père, tombeur de « tantes Julia » au travers des rayons de son magasin… Ben au grand cœur, inventif pour éveiller l’imagination de sa fratrie, que cette mère laisse entre ses mains. Mais aussi un bouc émissaire professionnel, très investi dans sa mission… Jusqu’au jour où des explosions éclatent sur son lieu de travail, mystérieuses, jusqu’à le pointer, lui, du doigt, lui faire porter un chapeau qui n’est pas le sien mais le jeu d’un autre. Mais tel un chat habile, Ben saura se tirer des mauvais pas. Un acrobate, un funambule.
Ou comment rattraper les lectures perdues, d’un temps révolu… Il n’est jamais trop tard pour réviser ses classiques, les lire ou les relire, les apprécier à leur juste valeur, les déguster. Il provoque le rire, la stupéfaction, la surprise, on s’interroge, au point de ne plus savoir où on est.
Rocambolesque, hors norme, ce roman ne ressemble à aucun autre.

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