De ce palier… ©

Il y a un an, tu as pointé le bout de ton spike. Ton arrivée a chamboulé nos vies, attisé nos peurs, remis tant de choses en question. En l’espace d’une heure, une déclaration, des locaux qui se vident, des portables qui se plient, des employés qui desertent leurs bureaux, plantes vertes sous le bras.
Complètement abasourdis, nous avons été catapultés vers cet exil.
De ce palier, se demander si on reviendra bientôt, un sac sur le dos, un pc, un cahier, un stylo.
De ce palier, dire « A lundi » plutôt que « A bientôt ».
De ce palier, sans trop comprendre, avoir l’air hébété face à ce que tu as provoqué.
De ce palier, apprivoiser notre impuissance face à toi, celui qui nous hante et hantera en toute transparence.
De ce palier, remercier ceux qui nous mettent à l’abri.
De ce palier, l’émotion qui submerge, les larmes qui émergent au coin des yeux, la gorge qui se noue.
Quitter ce palier puis traverser ce hall petit à petit déserté, une dernière fois se retourner, comme pour le saluer.
Alors oui, ton arrivée a changé nos vies, garder au fond de soi le doux espoir que ta venue ne sera pas vaine et, qu’en mieux, tu changeras nos vies…

De ma fenêtre…©

De ma fenêtre, j’apercevais 2 maisons et leurs jolis jardins. J’entendais les cris de joie des enfants qui jouaient dehors en été. Et de mon balcon haut perché, je les regardais, leur faisais des petits signes.
De ma fenêtre, j’apercevais un sublime magnolia, qui chaque année offrait le fabuleux spectacle de ses fleurs majestueuses. Le moindre coup de vent les rendaient fragiles, emportant sur son passage leurs délicates pétales parfumées et douces.
Et puis de ma fenêtre, j’ai aperçu ces immenses engins aux mâchoires puissantes, tout détruire sur leur passage. Laissant apparaître comme les vestiges d’un champ de bataille. Des amas de gravats. Des bruits forts de destruction couvrant les chants des oiseaux.
De ma fenêtre j’assiste au ballet incessant des camions, au passage des matériaux suspendus aux chaînes d’une grue, enrobés des nuisances sonores qui les accompagnent. Je voyais hier encore, au loin, les cimes de quelques arbres, aujourd’hui, je ne vois plus rien.
De ma fenêtre, la vue ne sera plus jamais la même. La verdure a cédé sa place à un bloc de béton, qui je l’espère, sera orné de quelques fleurs suspendues, à leurs fenêtres, pour embellir cette grisaille envahissante…