Rencontre Claire Favan – Médiathèque Boris Vian – 19/03/2022

Le 19 Mars 2022, la médiathèque Boris Vian de la ville de Tremblay a organisé une rencontre avec Claire Favan, dans le cadre de notre club participatif des « Mordues de Polars ».

Nous avons eu l’occasion d’échanger avec l’autrice, découvrez ci-dessous l’interview.

Qu’est-ce qui vous a inspiré, donné envie, d’écrire votre dernier roman La chair de sa chair ?

Claire aime lire des polars, tout comme sa mère, qui lui a transmis cette passion. Un jour, Claire a lu « Fête fatale » de William Katz et ce fut la révélation. C’est ainsi qu’elle a décidé d’écrire des livres comme ceux qu’elle aime lire.

« La chair de sa chair » est un livre par couche. Il raconte la vie d’une famille subissant les conséquences d’un père violent. L’un des paramètres majeurs est celui du rôle joué par les institutions sociales. Le point de droit américain, abordé dans le livre, relatif à l’emprisonnement des enfants et au faible niveau de couverture sociale, semble très éloigné de ce qui pourrait être attendu d’un pays civilisé.

Moïra est mère de 3 enfants de 2 pères différents, elle doit assurer la survie des siens.

La majorité de vos romans se déroule aux Etats-Unis. Pourquoi ? Avez-vous un lien particulier avec ce pays ?

Claire aime s’évader et par conséquent, partir en situant ses romans ailleurs et ainsi récolter des informations d’autres pays.

Elle apprécie placer ses intrigues aux USA car il semblerait qu’il y ait plus de tueurs en série, une belle base de travail pour une autrice de thrillers ; sans oublier la complexité des équipes d’enquêteurs (unifiées), le FBI et des différents magistrats offrant de la matière à son travail de recherches et d’écriture. Le choix des USA est aussi dû à son immensité, où chaque déplacement est un voyage à part entière.

Le sujet de la famille dysfonctionnelle est au cœur de vos romans. Dans la chair de sa chair, Moira est une femme battue qui doit lutter pour faire vivre sa famille ; les hommes sont absents, et les enfants sont livrés à eux-mêmes. Pourquoi vouloir écrire sur ces familles ?

Tout se joue dans l’enfance, la base de l’adulte qu’on devient.

Le thème des enfants est en effet récurrent dans ses romans car il constitue un terreau idéal lorsque cette enfance est gâchée.

En tant qu’autrice, Claire a besoin d’aspérités sur ses personnages pour s’y accrocher, avec une personnalité complexe offrant les conditions idéales pour construire une histoire. Ses personnages sont souvent des personnes lambda, comme vous et moi, ce qui permet aux lecteurs / lectrices de s’identifier d’autant plus facilement et de vivre sa lecture intensément, raison pour laquelle les romans de Claire Favan laissent une trace importante, même bien après avoir refermé le livre.

Chaque auteur suit une méthodologie d’écriture. Quelle est la vôtre ? Dans quel cadre / lieu aimez-vous écrire ? Quelles sont vos bases de travail : la documentation a-t-elle une place importante ? Et enfin, comment conciliez-vous votre travail dans la finance et votre métier d’autrice ?

Claire élabore toujours sur plan, elle a besoin de cette structure comme base de travail ; il peut évoluer au fur et à mesure. Ce déroulé permet de définir quoi écrire et quand.

Devant son PC, Claire peut ainsi se consacrer pleinement à l’écriture, la mise en scène, les décors… grâce à cette « colonne vertébrale ».

« Quand on a un plan, on a des petites collines à gravir ; quand on en n’a pas, on a une montagne à surmonter ! »

Elle écrit essentiellement le soir, après sa journée de travail (dans la finance).

Tout part d’une idée, qu’elle laisse germer. Dès qu’il y a assez de matière, le plan est mis par écrit.

Dans la mesure où elle est une lectrice exigeante, elle s’applique à elle-même en tant qu’autrice, un certain niveau d’exigence. Elle aime surprendre ses lecteurs.

En ce qui concerne les recherches, elle se documente beaucoup sur internet.

Les lieux et les décors sont souvent identifiés sur Google Maps : tous les détails sont analysés pour voir s’ils sont adaptés à ce que Claire veut faire subir à ses personnages.

Après avoir écrit et publié 10 livres, cela offre un très beau lectorat qu’il faut continuer à fidéliser. L’écriture est et reste sa passion. Claire concilie très bien sa vie professionnelle et sa vie d’autrice. Elle se dit « être un animal sociable » qui a besoin de ce monde professionnel, représentant un ancrage pour elle.

Dans votre roman, les personnages subissent les pires tourments dans une sorte de fatalité, de déterminisme. Pourquoi les souffrir autant ? Aussi, votre écriture est très rythmée. Quelle est votre technique d’écriture pour nous tenir en haleine ?

En tant que lectrice, Claire a beaucoup de mal avec les descriptions trop longues et n’aime pas les détails inutiles. Elle s’applique donc à être très succincte lorsqu’elle écrit.

Pour elle, il faut aller à l’essentiel donc ce que pensent les personnages.

Chaque chapitre apporte quelque chose aux lecteurs, suscitant tout l’intérêt et créant ce rythme.

Comme indiqué précédemment, pour ses thrillers, Claire a besoin de personnages rudes, cabossés avec des aspérités lui permettant des points d’accroche.

Très souvent ces romans lui permettent de faire passer des messages, en dénonçant des failles de la société, à travers les vies de ses protagonistes.

Les fins de ses romans ne sont jamais des « happy end » car elles laissent ainsi une trace, un sentiment de malaise chez les lecteurs, qui reste en eux.

A l’inverse, si certains se terminent « bien », cette fin ne sera pas morale !

Claire axe ses livres sur des violences psychologiques, car elle estime qu’elles ont plus de portée et font beaucoup souffrir. Une blessure physique cicatrise mais une souffrance morale n’a pas de fin, c’est un meilleur vecteur.

Elle choisit des personnages proches de tous, comme nous, afin qu’ils soient plus percutants. Un choc psychologique peut toucher tout le monde, et c’est ainsi que les lecteurs s’identifient encore plus aux protagonistes. Claire joue aussi beaucoup sur la mise en scène, très imagée, pour que l’on s’y intègre rapidement.

Quelle lectrice êtes-vous ? Quelles sont vos lectures préférées ? Quel est votre livre de chevet du moment ?

Claire Favan est une grande lectrice de polars.

Elle passe beaucoup de temps dans les transports en commun, qui sont donc devenus un lieu de lecture au quotidien.

Avant d’être publiée par de grandes maisons d’édition, elle a été lancée par « Les nouveaux auteurs » avec son livre « Tueur intime ».

Elle a été nommée Présidente du jury de cette plateforme et lit actuellement le prochain titre en lice pour remporter le prix (dont nous n’en savons pas plus, si ce n’est qu’il est terriblement bien !).

Un prochain nouveau roman est en-cours : il racontera l’histoire de 2 jumeaux abandonnés, aux destins totalement différents, et évoquera par la même occasion la situation des enfants vivant en ASE (Aide Sociale à l’Enfance). Surveillez bien les sorties en librairie, celle-ci est prévue en Octobre 2022 😊.

Je tiens à remercier infiniment Claire Favan pour ce superbe moment partagé lors de cette rencontre du 19 Mars 2022, ainsi que toute l’équipe de la Médiathèque Boris Vian et tout particulièrement Angélique, notre chef nationale du club des « Mordues de polars ».

Apéro Pocket 2022 Gang Polars

C’était Mardi 15 Mars 2022, le 1er Apéro Pocket 2022 Gang Polars !

C’est toujours avec un plaisir immense qu’on pénètre dans l’antre de cette scène de crime divinement orchestrée par la Dream Team Pocket.
Nous avons eu la chance de rencontrer 4 maîtres de plume noire : Mathieu Lecerf, Frédéric Lepage, Maud Mayeras et Adrien Pauchet. Passionnants. Hyper sympas…
Une belle occasion de revoir celles et ceux qui partagent notre même amour pour les livres et les polars…
Un immense merci pour tout à la remarquable équipe Pocket, Emmanuelle Vonthron et tous ceux qui œuvrent pour nous offrir ces délicieux moments de partage et convivialité !

Les Avrils – rencontre virtuelle du 9 février 2021

Les mots de Raphaël Alix…

Dans ce livre, le rapport au corps est essentiel. Il y est question de masculinité et de mettre en perspective comment chacun occupe son corps et comment il le traite.
Un homme tombe enceinte. Le roman glisse ainsi vers la virilité, la parentalité, la part du père. Raphaël a voulu en faire un récit fiction, dans cette ambiance de tango, qu’il trouve très beau. La danse est comme une parabole d’assignation de genre de « L’homme mène, la femme suit ».
Sa compagne est tombée enceinte de jumeaux, ce qui a alimenté l’idée et la réflexion, en bousculant les choses.
Raphaël trouve son inspiration dans la fantaisie, beaucoup dans le cinéma. Il s’inspire aussi de Marie Darrieussecq, Tanguy Viel. Le choix de ses personnages s’est porté sur des anti Héros, ils ne font pas partie des grands du monde.
Pour Raphaël, en tant que romancier, son désir est de poursuivre l’écriture, plutôt orientée vers une dimension fictive, il a très envie de poursuivre dans le domaine du roman.
La rencontre de Raphaël avec les Avrils  avait déjà été comme préméditée, puisque son texte avait déjà été lu par Lola Nicolle dans une maison précédente. Puis il a appris la création de la collection et il lui a envoyé à nouveau son texte, pile au moment de la création des Avrils.

Quelle chance pour nous lecteurs aussi que cette rencontre se soit réalisée. Merci pour ce beau moment !

Rencontre avec Karen Merran

📚C’était le 9 Mars 2021, c’était super ! Rencontre virtuelle et conviviale de Karen Merran grâce à Babélio. Une très belle occasion d’échanges et découverte autour de son nouveau roman « Mon coeur serré comme une sardine ». Un grand merci pour ce moment qui fait du bien. 😊

Apéro Gang du polars – Pocket

📚C’était le 2 Mars 2021, c’était super ! L’Apéro Polars Gang Pocket , the place to be : Un endroit où aller !
Avec Céline Denjean , Maxime Girardeau Perso et Fabrice Rose et leurs diaboliques romans « Double Amnésie », « Persona » et « Tel père, telle fille ».

Un grand merci à Pocket et Nathalie Couderc, en partenariat avec la Librairie de Paris à Saint-Etienne. Un très bon moment qui fait un bien fou.

Rencontre avec Valério Romão à la librairie Le Divan le 26/09/19

IMG_20190926_215754

Les mots de l’auteur…

Valério Romão a été invité à la librairie Le Divan  à l’occasion de la parution de son 3ème roman « Les eaux de Joana ».

Le livre :
« Ce n’est pas un roman d’action, mais plutôt le récit d’une expérience. Joana est obsédée par le fait d’avoir un enfant, qui va naître mort. Ce roman était risqué, parce qu’il raconte une histoire peu commune. »

Le thème :
« Celui ici traité est très viscéral et primal. Je l’ai choisi car il provient d’une histoire entendue d’une amie d’amie, qui a vécu la même chose… Un bébé né mort… J’ai aimé cette histoire, je l’ai trouvée extraordinaire, j’ai cherché s’il y avait d’autres livres qui traitaient de ce sujet, mais je n’ai rien trouvé, alors je me suis dit qu’il fallait l’écrire…
J’ai donné beaucoup d’importance à montrer l’origine des personnes, et a bien installé l’environnement. »

Le personnage principal :
« Joana est une personne très organisée,  méticuleuse. Tout est réglé, une angoissée ayant besoin d’un contrôle absolu pour plus de sérénité. Je me aussi lancé dans l’exploration des limites de Joana, dépassée par sa grossesse, par son côté divin. J’ai basé et construit sa personnalité sur celle d’une amie. »

L’écriture :
« Je suis diplômé en philosophie. J’ai donc une organisation mentale un peu spéciale pour écrire. La philo est toujours présente dans les fondations de mes romans. »
(Le style d’écriture de Valerio Romao et absolument brillant même s’il est tout de même assez particulier : des phrases longues, des virgules, des dialogues intégrés…  et l’utilisation timide des points qui donne un rythme soutenu et assez fort de lecture et de narration).
« Mon écriture est influencée par le théâtre, car j’en ai écrit. Mais j’ai plutôt pensé ce livre comme un film, comme une caméra que l’on suit.
Je n’ai pas de méthode particulière d’écriture ni de rituel. J’écris quand j’ai le temps. De préférence, chez moi, avec mes chats. Je n’ai pas d’exigence. J’écris comme je mange, un peu de tout ! Mes écrits sont très travaillés, je fais beaucoup de réécriture et de nombreuses relectures.
Au départ, j’avais dans l’idée d’en faire un roman court, un documentaire du type plan-séquence, capable de dissuader le lecteur de s’arrêter… et d’en faire une lecture d’une traite. »

Le roman idéal :
« C’en serait un sans ponctuation. Parce qu’après tout, un roman c’est une partition, musicale et orale. »

Une musique :
« Si ce livre devait être une musique, ce serait « Les fugues » de Bach. Pour ces motifs répétés mais différents, avec le contrepoids, une incertaine distinction entre le personnage et le narrateur. »

L’humour :
« Malgré la trame de fond sombre, ce roman a de l’humour : grinçant, glacial, composé de personnages un peu grotesques ou absurdes. C’est une habitude chez moi, le fruit de ma personnalité cynique et humoristique. C’est comme un besoin de créer une dynamique pour le lecteur. Le monde de l’hôpital est très caricaturé, avec des décalages de ce que vit l’héroïne. »

Le prochain livre :
« Il portera sur la relation mère-fille, une mère qui contrôle sa fille de 38 ans, professeure de philosophie, victime d’attaques de poésie. Une mère pragmatique, qui se fâche. Cette dernière tombe malade et est percutée de plein fouet par la maladie d’Alzheimer. Sa fille doit devenir mère de sa mère… En sera-t-elle capable ? Ou exercera-t-elle sa vengeance envers sa mère ? »

Rencontre avec Afi W. Gbegbi et Martin Bellemare à la médiathèque de Villepinte le 25 Mai 2019

IMG_20190602_230528

Festival « Oups bouge ta langue ».
1 auteur puis 2… avec la chaleureuse Compagnie Issue De Secours.

Afi Gbegbi : « Soeurs d’ange » paraîtra en été 2019. Afi a arrêté son écriture en 2017. Ce fut sa décision. Comme elle le dit si bien, un texte, on ne le finit jamais. Mais il faut bien se décider à stopper. La vie même est un texte. Il s’agit là de l’histoire de trois femmes dans un cimetière. Un texte doit vivre, à travers ses lecteurs, leurs interprétations, 3 voix qui portent cet écrit, qui vivent la même histoire et le même combat. Même si chacune le vit différemment des autres. Il parle d’oppression. On ne sait pas à qui s’adressent les femmes. Qui est sous cette tombe ? Dans le texte il y a souvent des « … » que chaque lecteur est libre de compléter à sa guise. Toutes les trois auraient été mariées à cet individu que l’on suppose être un homme, mort. Ne sont-elles pas des coépouses ? Ce titre « Soeurs d’ange » est accrocheur. L’homme pourrait être l’incarnation du mal. L’une des femmes a des difficultés à se détacher de lui. Peu importe qui il est, on peut toujours aimer. Afi a voulu peindre la société comme elle la perçoit, non pas avec des pinceaux, juste avec des mots, les siens.

Martin Bellemare : « Maître Karim, la perdrix ». Il s’agit là d’une écriture linéaire, à voix multiples, un texte sans ponctuation et sans distribution. Mais on sait qui parle, à travers trois grands axes de voix. Comme une porosité, on passe de l’un à l’autre… Martin Bellemare a fait appel aux prénoms pour interpeller les lecteurs et ainsi préciser quel personnage il incarne. L’histoire se déroule dans un centre de rétention, on y présente les intervenants, en suivant une progression, selon différentes langues : administrative, parlée, la langue froide versus la langue orale… Une résonance intérieure pendant l’écriture. Martin Bellemare souhaite montrer l’obligation aux mensonges des personnages, forcés pour survivre, répondre ce qui peut faciliter l’acceptation de leur demande d’asile, par une négation de l’identité. Cette pièce est un véritable  documentaire très inspiré de témoignages. L’idée est née à partir de deux conversations dans le milieu professionnel de la rétention, puis une rencontre, un enregistrement. Il s’agit là d’un grand travail de retranscription au plus proche de la vérité.

Rencontre avec Anne Griffin à la librairie Le Divan le 15 Mai 2019

IMG_20190610_181114

Les éditions Delcourt ont édité ce livre parce qu’Emmanuelle Heurtebise a une vive passion pour l’Irlande, sa seconde patrie. Quand elle a ouvert le livre, elle s’est sentie comme assise à côté de lui. 80 ans d’Irlande à travers ces personnages. Une vraie rencontre d’un homme et son histoire avec son auteure.
Comment est né Maurice Flanigan ? Tout a commencé lors d’une rencontre dans l’ouest de l’Irlande, pendant des vacances. Anne Griffin s’est arrêtée au bar d’un hôtel. Un homme seul, très distingué, lui a dit deux choses : qu’il avait travaillé dans un bar jeune, et, qu’il ne verrait pas le lendemain. Anne a été subjuguée par cela, et c’est ainsi que l’auteure a très vite ressenti le besoin d’écrire cette histoire, et ce, dès le jour suivant, pour donner un sens à cette rencontre.
Dans ce livre, Maurice porte 5 toasts à 5 personnages ayant compté pour lui. Quand Anne a écrit, son père avait 84 ans. Ce qui l’a aussi rapprochée de cet homme de cet âge, pour comprendre ses problèmes. Ce livre est véridique et il est important pour Anne en tant qu’auteure que les gens aient le sentiment qu’il s’agit d’une vraie personne.
Maurice vient d’une famille de fermiers, agriculteurs. La mère et le fils travaillent chez les Dollards, qui s’autorisent tous les droits sur eux. Le nom des Dollards est un fait exprès. Il se voulait comme un nom proche de l’Irlande, dans lequel il y a quelque chose de « pas sympa », qui existe au centre du pays. Il faut savoir qu’à l’époque, en Irlande, la plupart des emplois étaient liés à la terre, que les fermiers louaient et travaillaient comme domestiques dans les maisons. Mais cela a changé, pour permettre aux agriculteurs de récupérer leurs terrains.
Tony, le frère de Maurice, est son modèle, son idole, son protecteur. La perte de son frère va aussi le projeter hors de son innocence qu’il va perdre à cette triste occasion. Un moment significatif pour lui. Il sait qu’il veut être riche, protéger sa famille et que plus jamais les Dollards ne l’atteindront.
Kevin son fils, n’a pas toujours été facile. Des rapports un peu pudiques, il démontre très peu son affection. Un fils qui aimait les livres et les mots, ce qui n’était pas le cas de Maurice. Étant dyslexique,  il est surpris d’avoir eu un fils comme lui.
Molly sa petite fille décédée, reste en filigrane et Maurice s’en veut parce qu’il a failli vis-à-vis de ce bébé, morte-née. Il se sent coupable, pas à la hauteur d’être père.
Sadi, sa femme, son amour. Maurice se sent coupable de ce qu’il n’a pas fait pour elle, pas assez, par rapport à ce qu’elle a pu faire pour lui. Maurice exprime des regrets des promesses non tenues. Ils sont très différents tous les deux. Maurice veut de l’argent et être riche. Sadi n’a que faire de l’argent. Maurice est un homme cassé.
Il s’agit là aussi d’un livre sur la solitude, d’un moment dans la vie d’un veuf. Maurice est le typique « Irish man »,  pour qui il est difficile de communiquer. Il est incapable de dire combien il aime les siens, de s’exprimer, de trouver sa place, la seule avec qui il arrivait à parler, c’était Sadi.
Cette histoire ne se veut pas larmoyante mais pleine de vie. Maurice, à sa manière, est touchant et drôle. Anne Griffin avait besoin que les lecteurs voient comment Maurice est, de dire qu’il faut apprécier et aimer sa famille.
En tant qu’auteure, il est important de faire passer des messages. Comprendre ce qui est important. Le succès, c’est toucher le lecteur ! Anne Griffin a été libraire, métier pour lequel elle a beaucoup d’estime, elle sait comme il est bon d’inciter les lecteurs à lire un bon livre coup de cœur, qui sera lu par des gens très différents. Elle est très fière de tous ces retours sur son histoire. Elle essaie actuellement décrire un 2eme livre, donnant voix à une jeune femme de 27 ans, toujours la famille en toile de fond et l’Irlande au centre…

Rencontre avec Christine De Mazieres à la librairie Delamain le 14 Mai 2019

IMG_20190602_225045

« 3 jours à Berlin » est le premier roman de Christine De Mazières. Il s’agit d’une course éperdue après un mur et sa chute.
Christine De Mazieres souhaitait faire parler plusieurs personnages pour donner différents points de vue sur cette histoire.
Pourquoi ce thème ? Car il s’agit d’un événement historique important et paradoxal, disons même une succession d’évènements : une révolution pacifique sans sang.
Christine De Mazières étant d’origine moitié allemande, a connu les miradors et la division de l’Allemagne, assez tôt. La situation des habitants et des familles était complètement méconnue de beaucoup de gens. Dans ce livre, il y a différents points de vue de différents personnages. Sa construction s’est faite au fur et à mesure, une écriture, par petites touches, démontrant la diversité de la vie, comme un côté polyphonique, au fil de la plume. Forte volonté de se mettre dans la peau de personnages différents en leur donnant la parole. Un extraordinaire roman chorale au sein duquel même les moins sympas sont rendus plus humains. La littérature ne juge pas. Il faut comprendre leur sort, leur mobile. Avoir les avis, la croyance, la complexité de la situation.
Le film dont il est question dans ce livre « Les Ailes du désir » a eu une grande influence sur son écriture. Comme un besoin de raconter les scènes de foule, de masse, le besoin de ce narrateur qui surplombe en utilisant la voix de cet acteur, en se mettant dans la peau d’un ange.
Berlin est une ville particulière, à part en Allemagne. Cosmopolite. Une scène de création artistique. Une ville verte et agréable à vivre. Avec beaucoup de bâtiments culturels en double comme avant, du temps de la double domination. Berlin, une ville inspirante !