« Une femme au téléphone » de Carole Fives

Éditions Folio
Parution le 12/01/2017
104 pages
Note : 10/10

Allo, Charlène, c’est Moi, Elisabeth. J’espère que vous allez bien. C’est à mon tour de vous appeler. Vous, l’addict du téléphone. Pour prendre de vos nouvelles et surtout vous dire combien j’ai aimé écouter vos appels à votre fille. Oui j’étais là ou plutôt je vous ai emmené avec moi.
J’étais bien cachée, dans les pages du livre de Carole Fives, où j’ai pris un immense plaisir à vous rencontrer.
J’ai ri, j’ai souri, j’ai été émue et touchée en fonction de vos annonces téléphoniques. Je vous trouve très perspicace et ce, malgré ce qui vous arrive.
Parfois je vous ai aussi trouvée un peu dure avec votre fille… même si, dès l’appel suivant, c’était comme si rien ne s’était passé.
Un des tours de force de ce petit livre, un condensé puissant, est justement cette capacité de Carole Fives à nous faire traverser plusieurs sentiments, à travers Vous, votre regard, vos paroles, vos pensées… et votre recherche acharnée d’aventures 😉.
C’était super, c’était sympa, je suis ravie de vous avoir connue et d’avoir partagé ce petit temps avec vous… un peu trop court à mon goût !
Très chère Charlène, prenez soin de vous et si l’envie se fait sentir, chuchotez donc à l’oreille de Carole pour qu’elle vous fasse revenir dans une prochaine oeuvre 🤞

« Le millième jour de la marmotte » de Fanny Gayral

Éditions Eyrolles romans
Parution le 02/06/2022
294 pages
Note : 9/10

Très chères Eléonore et Fanny,
Quel chemin parcouru ensemble ! Même si j’ai assez rapidement compris vers quelle fin il nous menait, cela n’a en rien gâché le plaisir que j’ai eu à vous lire.
Très attachée aux thèmes du développement personnel, j’aime beaucoup cette façon d’y  mêler le roman, qui nous sert de fil conducteur rendant les adages plus pragmatiques. En tant que fan de thé, je vais probablement me convertir au yogi tea 😉.
Eléonore, je suis en admiration devant ce courage dont vous avez fait preuve pour surmonter ces phases complexes de votre vie. Ce déclic soudain qui a tout chamboulé sur son passage pour vous faire agir, réagir… D’ailleurs, même votre entourage ne vous reconnaît plus ! C’est dire la métamorphose…
Fanny, vous avez l’art et la manière de nous raconter une histoire, et surtout celle-ci, dans laquelle s’y distillent de bien bons conseils. J’ai aimé votre style, la construction, l’annonce de chaque nouveau paragraphe titré par un « Yogisme ». La puissance d’une toute petite étiquette au bout d’un sachet de thé !

Il y a des livres qui sèment des petites graines en nous, qui finiront par germer un jour. Celui-ci en est un. Il donne à réfléchir. A se poser des questions. A se recentrer sur soi. Quand on est sensible aux sujets liés au développement personnel comme moi, on en tire toujours de nouvelles leçons. A chaque chapitre. A chaque page. Je suis convaincue que ces nouvelles petites graines viendront compléter mon jardin intérieur au sein duquel j’installerai un petit étang pour y laisser vivre paisiblement ma grenouille intérieure également.
Merci pour cet excellent moment passé en votre compagnie grâce à Babélio et aux Editions Eyrolles. J’ai été ravie de vous rencontrer Fanny 😉.

« Les sales gosses » de Charlye Ménétrier McGrath

Éditions Fleuve
Parution le 09/05/2019
264 pages
Note :  10/10

Très chère Jeanne,
Pour commencer, je vous remercie pour votre formidable compagnie.
Une chose est sûre : vous avez plus d’un tour dans votre sac et pas (ou plutôt plus) la langue dans votre poche !
Je suis ravie d’avoir fait la connaissance de toute la bande. Quel bonheur de vous avoir suivis tout au long de ces pages.
J’ai ri, j’ai été touchée par vous tous. Et pour tout vous dire, cette lecture m’a fait aussi beaucoup réfléchir.
Je vous ai emmenés tous les jours avec moi, je ne voulais pas vous quitter trop vite car je savais déjà que ce serait dur pour moi de vous dire au revoir.
J’ai tout aimé : vos caractères, vos frasques, votre divine et ingénieuse stratégie, votre amitié, vos aventures et votre culot ! Je vous ai rencontré pile au bon moment où j’avais besoin de vous et de votre histoire.
Les sales gosses ne sont pas ceux qu’on imagine… Petit teasing pour vos futurs lecteurs !
C’était génial d’être avec vous, une bouffée d’oxygène, une lecture très plaisante et  agréable…
Vous allez beaucoup me manquer !
Je vous embrasse tous bien fort…

« Sucre amer » de Avni Doshi

Éditions Globe
Parution le 05/01/22
304 pages
Note : 8/10

La maman de Antara, Ma, commence à perdre la mémoire. Malgré ce que disent les médecins, Ma n’y croit pas. Pour elle, tout va bien. Elle est dans le déni.
« Je me demande ce que deviendra mon amour pour Ma lorsqu’elle sera en fin de vie. Comment saurai-je m’en occuper quand celle que je nomme ma mère n’habitera plus son corps ? »

A travers la narration de sa fille, on découvre leur passé, leur histoire. Dès le départ, on sent bien que nous allons découvrir une dure et complexe relation mère fille.
« Souvent, pendant ces années d’adolescence, j’en vins presque à la haïr. Il m’arrivait de souhaiter qu’elle ne fût jamais née, tout en sachant que cela m’effacerait. Je compris la profondeur de notre lien, et comment, irrévocablement, sa destruction à elle mènerait à la mienne. »

Ma a toujours été davantage une femme qu’une mère. Antara a été sa fille peu choyée, peu aimée. Sa mère l’a entraînée avec elle, dans une secte dès ses 4 ans, a fait fuire son père. Antara a ensuite été placée dans une institution catholique qui ne fit qu’accroître des sévices qu’elle n’avait déjà que trop connus.
Pendant que Ma perd pied et que sa mémoire l’abandonne, celle de sa fille, au contraire, déroule le fil de leur passé.
« J’ai toujours su qu’avoir une gosse comme toi ne ferait que me gâcher la vie. »

Antara, souvent dans le doute, craint de reproduire le schéma de son vécu. Celui de cette mère, qui ne cessa de la dénigrer, de la rabaisser par rapport à sa voie et son art, jusqu’à ce qu’elle devienne mère à son tour. Mais je ne puis en raconter plus…

Très perturbant. Ce livre a failli me perdre. Serait-ce l’effet attendu ? Est ce que la perdition de cette mère et sa fille devrait être celle de la lectrice que je suis ? C’est très étrange. Sa dureté a fait que j’avais du mal à le reprendre mais quand j’y étais replongée, je ne pouvais plus le lâcher. Poignant, prenant aux tripes, on se questionne, on réfléchit, on se projette, on se demande comment est-ce possible ? Comment va réagir cette fille ? Antara a-t-elle le choix ? Sera-t-elle en mesure de s’occuper de sa mère, ce que cette dernière n’a pas su faire pour elle ? Un grand merci aux Editions Globe pour cette belle découverte !

Cette histoire doit vous être contée par Avni Doshi. Laissez vous porter par ses mots, où le sucre et l’amertume ont toute leur place.

« Numéro deux » de David Foenkinos

Éditions Gallimard
Parution le 06/01/2022
235 pages
Note : 10/10

J’ai replongé dans l’univers d’Harry Potter avec un immense plaisir mais aussi avec beaucoup de tristesse. Parce que j’ai rencontré Martin Hill  grâce à David Foenkinos.
C’est l’histoire de celui qui ne veut plus prononcer ni même entendre son nom, celui que le Choixpeau magique n’a pas choisi, celui que les Détracteurs ont décidé de vider de son bonheur et souvenirs heureux.
Ce petit garçon  avait une vie quasiment normale, celle d’un fils de parents séparés, jusqu’à ce fameux jour où il participe au casting de Harry Potter. Ils étaient des centaines, mais à la fin, il n’en resta plus que deux : Daniel Radcliffe et Martin Hill. Malgré le fait que ce dernier était au début pressenti, ce fut le premier qui arriva à mieux convaincre les équipes. Daniel Radcliffe fut donc l’élu.
C’est ainsi que l’ascension vers le succès pour lui fut la descente aux enfers pour Martin. Il s’était déjà tant propulsé et imaginé ce que serait sa vie en tant que Harry, qu’il plongea dans l’abîme. Ce fut très difficile pour lui d’encaisser cette défaite.
« La pire conséquence d’un échec, c’est qu’il transforme le reste de votre vie en un perpétuel échec. Martin comprit qu’il n’en sortirait jamais. »

Il n’y arrive pas. Face au phénomène incontournable de Harry Potter, quel que soit l’endroit, on n’entend parler que de lui. Sans cesse. A la télé. A l’école. Les livres. Chaque sortie d’un nouveau film atteint Martin de plein fouet. Il suffoque. Il perd pied. A se demander s’il ne devient pas fou. A en perdre la tête et la raison. Cette obsession prend une telle ampleur que Jeanne, sa mère, décide de prendre les choses en main… Consulter un psychologue, est ce vraiment la solution ? D’ailleurs existe-t-il une issue ?
« Sa frustration avait pris source dans le fantasme d’un autre destin qui paraissait meilleur. Mais que connaissait-il réellement du quotidien de l’autre ? Pas grand-chose, à part ce qu’en racontaient les médias et l’industrie du rêve. »

Et on assiste à sa dégradation, impuissants. Martin est comme hanté par cet échec. Il a ce sentiment de raté qui ne cesse de le poursuivre.
Quelques années plus tard, il arrête ses études malgré ses bons résultats. Il trouve un emploi de gardien de musée au Louvre. Car pas de place pour Harry Potter dans un musée. A sa moindre évocation, au moindre objet, à la moindre publicité, Martin fuit, se renferme…
Jusqu’au jour où il décide d’essayer de s’en sortir, d’exorciser… Mais y parviendra-t-il ? Seul ? Comment peut-il espérer construire un jour une vie sans parvenir à faire abstraction de cet épisode de son passé si douloureux et omniprésent ?

J’ai tout aimé : le retour dans l’univers de Harry Potter, l’écriture de David Foenkinos, l’histoire de Martin Hill… Ce livre est tout bonnement génial. Surtout pour une fan Harry Potteresque comme moi. C’est comme si, via le quai 3/4, j’avais pénétré dans l’antre de ce monde fascinant. De l’autre côté du miroir. Celui dont on ne parle pas… J’ai ouvert ce bouquin, et comme si j’avais mis ma tête dans la « pensine de Poudlard », son tourbillon m’a piégée. Un très beau piège pour un grand coup de foudre ! Merci Maître Foenkinos 💗

« Notre route unique n’offre pas le moindre accès au chemin que nous n’empruntons pas. »

« Cheval de légende – L’histoire vraie de Gladiateur » de Fabienne Blanchut

Editions Fleurus
Parution le 26/10/2018
388 pages

Très cher Gladiateur,
Je suis si heureuse d’avoir enfin pu faire ta connaissance et celle de tous ceux qui t’entourent : Harry, Henry, Tom, Liam, Grand’Pa… Et c’est grâce au sublime livre de Fabienne Blanchut.
Tu sais, Gladiateur, j’ai découvert ton histoire dont j’ignorais l’existence. Cette étincelle entre Harry et Toi, dès votre première rencontre, était comme une évidence. Vous étiez fait l’un pour l’autre. Vos destins ne pouvaient que se croiser.
J’ai tout aimé. Tes proches, aussi bien les humains que les animaux. Je vous ai suivis, je vous ai accompagnés tous les deux, sur les pistes, dans ton box. Vous étiez avec moi comme j’étais avec vous.
Votre duo fusionnel m’a subjuguée, votre complicité indéfectible m’a enchantée.
Vous m’avez offert à vous deux un moment suspendu, une parenthèse. Mais aussi une grande et belle leçon ; malgré vos blessures, vous êtes deux écorchés que seule cette fin tragique a pu séparer.
On a pour coutume de dire que les hommes murmurent aux oreilles des chevaux. Mais là, c’est toi qui as murmuré aux miennes. Tes confidences, tes sentiments, tes craintes, m’ont beaucoup touchée.
J’ai volontairement pris mon temps pour te lire, pour savourer ce moment de lecture feutré. Même s’il y a des passages durs ou plus vifs, j’ai trouvé que ton contact instaure toute une atmosphère très apaisante.
Votre force, votre courage, votre détermination vous ont menés sur les plus belles victoires.
Très chère Fabienne, encore une fois, quelle plume ! Une écriture divine pour une histoire sublime. Les palmarès dont Gladiateur fut le grand vainqueur, je te les décerne à mon tour. Encore un grand coup de coeur signé Mme Blanchut 😉 Un immense Merci !

Gladiateur, Harry, où que vous soyez, veillez bien l’un sur l’autre !

« Les mains d’un homme ne mentent pas. Qu’elles frappent ou caressent… Je ne comprends pas ce qu’il me dit mais sa caresse signifie qu’il vient de lier à jamais nos destins. Voilà c’est aussi simple que cela. Il s’appelle Harry Grimshaw. Tel un mantra, je me récite les quatre syllables de son nom… »

« Je suis là où tu ne m’attends pas » de Deolinda Da Silva

Ed Le Lys Bleu
Parution le 23/11/2020
254 pages

Au départ, Alexa se délecte de ces quelques jours de vacances si attendus qu’elle va enfin pouvoir s’offrir. Elle arrive donc à l’hôtel à Nice où elle s’empare de sa chambre.
Elle s’installe et prend possession de ce lieu qui sera le sien pour les prochains jours. Mais rien ne va se passer comme prévu. Rien.
Soudainement, on frappe à sa porte. Le propriétaire de l’hôtel s’y présente, accompagné d’un autre homme, John. Cette chambre a fait l’objet de deux réservations simultanées, pour la même période. Problème n’est ce pas ? Étant équipée de deux lits, la solution semble toute trouvée : l’héberger. Mais Alexa ne compte pas se laisser faire et refuse. Jusqu’au moment où lui est proposée une ristourne sur son séjour. Elle accepte.
Et c’est ainsi que John et Alexa vont débuter une aventure qui va chambouler leurs vies.
Les premiers temps sont très houleux. Lui, la taquine sans cesse. Elle, s’agace et s’énerve à la moindre de ses réflexions. Mais quelque chose naît… et ce, malgré le comportement étrange de John et les phénomènes très bizarres qui les entourent…
Jusqu’au jour où John doit quitter subitement l’hôtel sans crier gare. Alexa se sent alors abandonnée à ses regrets de ne pas su avouer ses sentiments à ce bel inconnu. Qui n’en est plus vraiment un au final.
Une quête commence. De lui. De la vérité. Et d’elle même…
J’ai plongé la tête la première dans les pages de ce nouveau divin roman de Deolinda Da Silva. Je me suis beaucoup beaucoup attachée aux personnages mais ça, c’est mon joli défaut. Il est mystérieux, haletant, judicieux, touchant, beau. Préparez vous à courir, à les suivre, à les supporter, à être émus, à vous perdre dans cette histoire alambiquée.
Coup de cœur pour cette lecture que je n’ai pu lâcher, mais je n’en doutais absolument pas connaissant déjà la belle plume de Deolinda !
Un grand merci pour ce cadeau 💞

« A l’abri des apparences » de Florence Lizé

Éditions In Octavo
Parution le 08/03/2021
420 pages

Masse critique Babélio

Dans ce roman à trois voix, on se laisse vite prendre au piège par l’histoire et ses personnages.
Lors de l’enterrement de Louis, son fils Raphaël s’aperçoit d’une présence bien à l’écart de tous. Il s’agit d’une jeune femme, anéantie par cette disparition.
« Tuons le trouble comme on tue la Bête, le cœur humide mais le geste sec. »

Tout au long de la première partie, Raphaël va tenter de percer le mystère de cette inconnue. Il imaginera tous les scénarios possibles mais pas ceux qui finiront par lui être révélés lors de la visite chez le notaire pour la lecture du testament.
« Tout est si aberrant dans notre valse de sentiments… »

Car en effet, Louis, son père, était un homme aux multiples facettes et c’est peu de le dire.
De fil en aiguille, on fera connaissance avec chacun d’entre eux, les secrets du passé seront alors dévoilés.
« Un baiser, une nuit, et juste Louis pour s’inquiéter de moi avant le grand voyageur qui possèdera l’Orient de mon cœur et l’Occident de mon esprit. »

Même si j’ai très vite compris qui était cette femme, j’ai adoré leur histoire. L’alternance des chapitres consacrés à chacun donne du rythme, comme une impression d’être tous autour d’une table, et moi parmi eux. Je les ai tous aimés. Ils m’ont touchée, chacun à leur manière, avec leurs faiblesses et leurs personnalités.
Ce livre est une ôde à la confusion des sentiments. Comme des poupées russes. Comme une pelote de laine, dont on tire le bout du fil, qu’on démêle, qu’on monte en mailles et qu’on tricote. Ils sont chacun une de ces mailles. Mises bout à bout pour former leur relation… Mais tiendront-elles jusqu’au bout ? Coup de coeur pour cette belle découverte.
Merci à Babélio et aux Editions In Octavo.

« Bientôt la dernière pièce sera posée, celle qu’on hésite toujours à placer parce qu’elle clôt  toutes ses heures de jeu, et qu’une fois le puzzle terminé, on peut, soit le mettre sous verre, soit le désassembler pour le jeter pêle-mêle, déchiqueté dans sa boîte. »

« La jeune fille du tableau » de Marie Jousse

Auto-édition Amazon
Parution le 29/05/2021
161 pages

D’une relation virtuelle est née une liaison charnelle. Entre ces deux êtres, quelque chose est né. Salvatore et Sarah se sont trouvés, deux destins à la croisée d’un chemin.

De ces premiers échanges enflammés par mail, suivit un rendez-vous au Louvre. Une rencontre. La découverte de l’autre. De l’inconnu(e).

De fil en aiguille les liens se tissent, se concrétisent, le plaisir réciproque puis l’amour  s’installent. Une nuit passée ensemble. Ils se revoient.
Sarah a pour confidente, amie et auteure préférée sa chère Emmanuelle, à qui elle raconte cette histoire. Sans oublier sa copine Mandarine.

Mais un autre lien existe depuis bien plus longtemps entre Sarah et une petite fille, dont le nom l’a toujours rapproché d’elle : Anne Frank.
« … ma grand-mère de coeur, ma petite soeur adolescente ».
Est-ce une conviction ? Il n’existe pourtant aucun point commun dans leurs vies respectives.
« … à part notre nom de famille, le c en moins ».

Et puis le doute s’installe. Salvatore est allemand et se nomme Schaeffer. Quelle est donc cette passion, depuis sa jeunesse, que Sarah voue à l’histoire des juifs ? D’où vient-elle ? Elle a toujours voulu tout savoir. Comprendre. Mais pourquoi ? Que cherche-t-elle ? Quelle sera donc le fin mot de cette histoire ?

Dans cette quête d’identité et de vérité, Marie Jousse a accaparé tous mes sens et émotions. Elle me touche. Un seul bémol : ce roman est trop court, il laisse un petit goût amer de trop peu…

Très chère Marie, j’ai beaucoup aimé les précédents et j’ajoute bien volontiers ce petit dernier dans la liste de mes coups de coeur éclair, un coup de foudre que j’ai eu pour cette nouvelle pépite ! J’ai adoré le côté épistolaire et cette façon de nous propulser vers l’inconnu…. Encore une fois, je suis et reste fan 💞. Merci beaucoup pour ce cadeau.

« L’émouvante et singulière histoire du dernier des lecteurs » de Daniel Fohr

Éditions Slatkine et Cie
Parution le 28/01/2021
150 pages

Ça commence fort et donne le ton dès le début. Un homme qui se déguise en femme pour s’octroyer le droit et le temps de lire. Parce que lire c’est typiquement féminin. Dit-il…
« …j’en suis réduit à me déguiser en femme pour aller lire dans un parc. J’ai toujours aimé lire à l’extérieur, n’importe où, mais ça devient difficile. »

J’ai été séduite par cet homme, par ses mots et son humour, par ses sentiments qu’il exprime vis-à-vis des livres. J’ai été emportée au gré de ces pages, par cette histoire burlesque, en me laissant prendre au jeu… me disant « Et si c’était vrai ? » Et alors, pourquoi pas ? J’ai aimé ses citations, ses références littéraires, j’en ai marqué des pages, j’en ai coché des extraits.
Et voilà l’état d’esprit dans lequel j’ai découvert la merveilleuse histoire du dernier des lecteurs. Le seul homme. L’unique.
« Je suis le dernier lecteur de livres sur cette planète. Tous les autres sont des femmes. »

J’aime les livres qui parlent de livres et de lecteurs. Imaginez. Avec celui-ci, me voilà servie. Il nous raconte son histoire, lui, l’anonyme. Comme lui, mes doigts ont filé sur le papier granuleux. Ce plaisir de le toucher, le livre papier.
« De même que l’arbre qui tombe ne fait de bruit que si quelqu’un est là pour l’entendre, un livre n’existe que si quelqu’un est là pour le lire. »

Être le dernier des lecteurs c’est pour lui aussi être le responsable de cette espèce masculine en voie de disparition… il faut donc tenter de passer le flambeau, assurer le relai, quoi qu’il en coûte… plus facile à lire qu’à faire !
« La littérature est un jardin secret qui demande à être partagé. »

« Un livre c’est de la magie blanche. On ne sait jamais ce qui sortira du cube de papier et l’effet qu’il produira une fois ouvert. »
Je peux vous certifier que la magie de celui-ci a bien eu l’effet escompté. Il est hors du commun. De ce cube de papier est sorti un excellent moment de lecture, addictif et divertissant, pour lequel je remercie infiniment les Éditions Slatkine et Cie et son vénérable auteur.
Et quant à vous, Daniel Fohr, pour répondre à votre chaleureuse dédicace (encore merci pour cette délicate attention), je vous confirme que j’ai passé un très agréable moment en compagnie de votre dernier lecteur, je m’associe bien volontiers à sa cause de défenseur du roman et du papier. Au plaisir de vous lire à nouveau.

« …il faut louer le pouvoir des mots. »