« La jeune fille du tableau » de Marie Jousse

Auto-édition Amazon
Parution le 29/05/2021
161 pages

D’une relation virtuelle est née une liaison charnelle. Entre ces deux êtres, quelque chose est né. Salvatore et Sarah se sont trouvés, deux destins à la croisée d’un chemin.

De ces premiers échanges enflammés par mail, suivit un rendez-vous au Louvre. Une rencontre. La découverte de l’autre. De l’inconnu(e).

De fil en aiguille les liens se tissent, se concrétisent, le plaisir réciproque puis l’amour  s’installent. Une nuit passée ensemble. Ils se revoient.
Sarah a pour confidente, amie et auteure préférée sa chère Emmanuelle, à qui elle raconte cette histoire. Sans oublier sa copine Mandarine.

Mais un autre lien existe depuis bien plus longtemps entre Sarah et une petite fille, dont le nom l’a toujours rapproché d’elle : Anne Frank.
« … ma grand-mère de coeur, ma petite soeur adolescente ».
Est-ce une conviction ? Il n’existe pourtant aucun point commun dans leurs vies respectives.
« … à part notre nom de famille, le c en moins ».

Et puis le doute s’installe. Salvatore est allemand et se nomme Schaeffer. Quelle est donc cette passion, depuis sa jeunesse, que Sarah voue à l’histoire des juifs ? D’où vient-elle ? Elle a toujours voulu tout savoir. Comprendre. Mais pourquoi ? Que cherche-t-elle ? Quelle sera donc le fin mot de cette histoire ?

Dans cette quête d’identité et de vérité, Marie Jousse a accaparé tous mes sens et émotions. Elle me touche. Un seul bémol : ce roman est trop court, il laisse un petit goût amer de trop peu…

Très chère Marie, j’ai beaucoup aimé les précédents et j’ajoute bien volontiers ce petit dernier dans la liste de mes coups de coeur éclair, un coup de foudre que j’ai eu pour cette nouvelle pépite ! J’ai adoré le côté épistolaire et cette façon de nous propulser vers l’inconnu…. Encore une fois, je suis et reste fan 💞. Merci beaucoup pour ce cadeau.

« L’émouvante et singulière histoire du dernier des lecteurs » de Daniel Fohr

Éditions Slatkine et Cie
Parution le 28/01/2021
150 pages

Ça commence fort et donne le ton dès le début. Un homme qui se déguise en femme pour s’octroyer le droit et le temps de lire. Parce que lire c’est typiquement féminin. Dit-il…
« …j’en suis réduit à me déguiser en femme pour aller lire dans un parc. J’ai toujours aimé lire à l’extérieur, n’importe où, mais ça devient difficile. »

J’ai été séduite par cet homme, par ses mots et son humour, par ses sentiments qu’il exprime vis-à-vis des livres. J’ai été emportée au gré de ces pages, par cette histoire burlesque, en me laissant prendre au jeu… me disant « Et si c’était vrai ? » Et alors, pourquoi pas ? J’ai aimé ses citations, ses références littéraires, j’en ai marqué des pages, j’en ai coché des extraits.
Et voilà l’état d’esprit dans lequel j’ai découvert la merveilleuse histoire du dernier des lecteurs. Le seul homme. L’unique.
« Je suis le dernier lecteur de livres sur cette planète. Tous les autres sont des femmes. »

J’aime les livres qui parlent de livres et de lecteurs. Imaginez. Avec celui-ci, me voilà servie. Il nous raconte son histoire, lui, l’anonyme. Comme lui, mes doigts ont filé sur le papier granuleux. Ce plaisir de le toucher, le livre papier.
« De même que l’arbre qui tombe ne fait de bruit que si quelqu’un est là pour l’entendre, un livre n’existe que si quelqu’un est là pour le lire. »

Être le dernier des lecteurs c’est pour lui aussi être le responsable de cette espèce masculine en voie de disparition… il faut donc tenter de passer le flambeau, assurer le relai, quoi qu’il en coûte… plus facile à lire qu’à faire !
« La littérature est un jardin secret qui demande à être partagé. »

« Un livre c’est de la magie blanche. On ne sait jamais ce qui sortira du cube de papier et l’effet qu’il produira une fois ouvert. »
Je peux vous certifier que la magie de celui-ci a bien eu l’effet escompté. Il est hors du commun. De ce cube de papier est sorti un excellent moment de lecture, addictif et divertissant, pour lequel je remercie infiniment les Éditions Slatkine et Cie et son vénérable auteur.
Et quant à vous, Daniel Fohr, pour répondre à votre chaleureuse dédicace (encore merci pour cette délicate attention), je vous confirme que j’ai passé un très agréable moment en compagnie de votre dernier lecteur, je m’associe bien volontiers à sa cause de défenseur du roman et du papier. Au plaisir de vous lire à nouveau.

« …il faut louer le pouvoir des mots. »

« Le premier homme du monde » de Raphaël Alix

Éditions Les Avrils
Parution le 03/02/2021
188 pages

Je ne saurai comment vous dire ni vous expliquer ce que j’ai ressenti en lisant ce livre. A part que ce fut un pur kif littéraire. Au-delà du fait qu’il s’agisse d’une lecture à prendre au 3ème ou 4ème degré, je l’ai surtout trouvé très poétique. Ne me demandez pas pourquoi. Peut-être sa plume. Certainement cet air de tango qui n’a cessé de m’accompagner. Comme leurs chaussures de danse glissent sur la scène de cet amphithéâtre, les pages ont filé entre mes doigts.
Même si l’histoire de Marcus et Rose est fantasque, elle m’a transportée. 
Tous deux fervents danseurs de tango, dans ces alcôves des bords de Seine, ils s’aiment. Et de cet amour, Rose voudrait que naisse un enfant. La première réaction de Marcus fut assez vive et tranchée : ce fut non. Voyant l’impact de cette décision ternir le joli visage et tout le corps de sa bien aimée, il finit par se faire une raison et accepter.
Les tentatives savamment surveillées se sont répétées et un jour, elles finirent par porter leurs fruits : une petite graine fut déposée.
« Nous n’en reparlâmes plus. Je continuai ma  couvade dans mon coin, pendant que Rose, elle, mourait à petit feu. »

Les premiers symptômes firent leur apparition et aussi fou que cela puisse paraître, le verdict tomba : le bébé s’était logé dans le ventre de Marcus : il était « enceint ».
« Par je ne sais quelle opération, je ne sais quel maléfice fomenté par mon inconscient, j’étais en train de devenir une femme, la poitrine et le ventre protubérants, à pleurnicher au moindre prétexte, vous imaginez un peu le désastre ? »

Le périple commence. Des scènes abracadabrantesques vont se succéder. Imaginez juste un instant cette situation. Mais non, n’imaginez pas, lisez ce livre.
« Et si pour elles, je m’en rendais compte à présent, si pour elle ça avait tout d’un chemin de croix, alors imaginez la même chose pour un pauvre bougre, un type moyen de mon genre. »
Et c’est ainsi que commença l’incroyable  histoire du « premier homme du monde » que Raphaël Alix nous fait vivre à travers son bluffant roman. Je remercie les Éditions Les Avrils pour ce beau cadeau.
« Je nommerai la toile « le premier homme du monde », nous dit jacinthe…Tu es le premier Marcus…. le pionnier, le seul d’entre tous à avoir osé. Osé la grossesse, osé enfanter, franchir la barrière, et par là, le seul qui enfin deviendra un homme entier. »

« Et si l’herbe était vraiment plus verte à la campagne ? » De charlotte Léman

Auto-édition Amazon
Parution le 12/12/2020
242 pages

Léa est une jeune femme active, citadine, en couple avec Nathan qui préfère largement  partir en virée entre potes sans sa dulcinée. Un jour, sa grand-mère Lucille (dont je préfère le surnom Mamita) l’appelle à la rescousse : une fracture du poignet la prive de son autonomie, elle a besoin de Léa à ses côtés.
La voilà partie, destination Bourlotte-La-Grande. C’est la campagne. Léa y a vécu de sacrés moments, en garde de drôles de souvenirs… Mais elle avait vite oublié combien cet endroit était « paumé », ce dont elle va aussi vite se rendre compte.
Les retrouvailles avec sa grand-mère en sont une parmi les autres, ses vieilles connaissances et autres amitiés du passé vont refaire surface. Jusqu’au jour où Léa va découvrir le pot aux roses… une supercherie savamment arrangée qui lui vaudra son départ de Bourlotte-La-Grande. Mais ce n’est qu’un aurevoir temporaire, un nouvel événement la ramènera dans ces terres…

Un grand merci à vous Charlotte, pour ce roman qui fait du bien, qui donne envie de grimper sur un vélo et déambuler au beau milieu des champs. J’ai passé un bon et beau séjour campagnard.
Du coup, j’ai bien envie d’aller à Bourlotte-La-Grande. Je veux rencontrer Mamita, entendre chanter Gustave, aller dans cette petite boutique de produits « locaux locaux », suivre les pas de Léa de retour dans ce lieu. Profiter de cette quiétude, sentir l’air qui sent bon. Aller boire un verre avec eux, moi aussi, faire partie des leurs.
A l’heure où nous sommes tous plus ou moins confinés entre quatre murs, le roman de Charlotte Léman ouvre nos fenêtres, pousse nos murs, nous laisse respirer… Son livre n’est pas de tout repos, ça bouge là-dedans. J’ai beaucoup rit (cette scène où Léa mange une pièce montée avec son appareil dentaire), je me suis sentie comme chez moi là-bas. Et puis l’image de Mamita préparant son fameux pain perdu, m’a rappelé ma grand-mère et la générosité avec laquelle elle nous accueillait toujours les bras ouverts.
Finir ce livre, un joli sourire aux lèvres !

« Le contrat » de Maureen Demidoff

Éditions Ateliers Henry Dougier
Parution le 04/03/2021
Masse critique Babélio
184 pages

Nina a sept ans quand sa mère lui annonce, à vif, que tout est planifié : elle se mariera à vingt ans avec un homme bien plus âgé qu’elle. Il est riche mais sa richesse n’a rien à voir avec le facteur travail. Il se dit que c’est un escroc notoire.
Mais un beau jour le futur mari promis disparaît, sans laisser ni trace ni message. Il s’évade de la prison où il devait purger une peine de treize ans. Cette soudaine disparition suscite de vives réactions au sein du village et la mère de Nina est complètement anéantie, jusqu’à la maladie. Une seule question les hante tous : reviendra-t-il pour honorer sa promesse ?


« Je veux seulement me réconcilier avec l’endroit d’où je viens. Je suis le village et sa poussière, je suis les ragots des vieilles femmes, je suis aussi l’ambition et l’orgueil de ma mère, et la faiblesse de mon père. »

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Nina décide de le retrouver. Non, pas pour elle. Pour ses parents. Au détour d’une discussion vive avec son père, elle découvre que ce mariage arrangé est un contrat : promettre leur fille dès 7 ans à cet homme leur vaudrait une vie plus confortable jusqu’au mariage. Une monnaie d’échange. Mais Nina décide de quitter la maison pour aller à l’université, non sans promettre à ses parents de revenir si son prétendant venait à réapparaître.
On pourrait penser que cette disparition simplifierait les choses, que Nina se sentirait libérée… il n’en est rien. Pour elle, sa priorité, cst l’honneur, celui de sa famille. Elle est prête à tout, même à faire semblant…
Dans son roman, Maureen Demidoff traite d’un thème complexe mais à travers sa protagoniste, le regard qu’on lui porte est différent. J’ai été saisie par les émotions que j’ai ressenti mais surtout par son rythme. J’ai eu l’impression d’être prise au piège dans une course effrénée, dans sa quête de celui à qui elle a été promise.
J’ai aimé l’histoire, j’ai apprécié l’écriture, j’ai été absorbée par son suspens… J’ai couru avec elle, nous avons parcouru ses montagnes ensemble… J’ai eu un coup de coeur !

« Tant qu’il reste des îles » de Martin Dumont

Éditions Les Avrils
Parution le 06/01/2021
233 pages

Il était une fois une île. Elle est leur royaume, ce petit coin de paradis qui leur appartient, tout ce qui fait le charme de ce petit bout de terre au milieu de l’eau. Celle qu’ils veulent garder, protéger.
Cette sérénité est alors perturbée par l’arrivée de ce qu’ils appellent « le monstre » : la construction d’un nouveau pont. Il sera le lien avec le continent, cette oeuvre que certains refusent, d’autres tentent d’en comprendre la nécessité, mais lui, Léni, reste sans avis. Il observe son évolution.

« Le monstre avançait dans la baie et la plupart des gens paraissaient s’en réjouir. C’était difficile à admettre mais on n’y pouvait rien. »

A travers ce texte de Martin Dumont, on assiste à différents regards portés sur cet intrus : celui de Léni sans implication, celui de Chloé la photographe débarquant pour lui consacrer un reportage, celui de Marcel et les autres qui le rejettent.

« Pour lui, une île c’était un Graal, un objectif qu’on ne pouvait atteindre qu’en affrontant la mer. »

Mais Léni c’est aussi un fils qui rend visite à sa maman malade, Léni c’est un papa un peu perdu, Agathe, sa petite fille qu’il aime tant et voit trop peu. Il travaille dans un chantier naval, les bateaux c’est son domaine mais aussi sa passion. Dans sa vie, quelques éléments ne manqueront pas de perturber cette pseudo routine, fragile, que l’arrivée de la jolie Chloé mettra aussi en branle.
A la lecture de ce roman, j’ai tout ressenti : les embruns et le vent à chaque escapade marine, cette sensation de huis clos que l’apparition de ce pont brisera. Cette atmosphère et son ambiance m’ont un peu fait penser au roman de Claudie Gallay « Les déferlantes ».

Cher Martin, vous savez combien ce livre m’a touchée, comment dois-je faire pour quitter cette île où je me sens si bien ? Il ne me reste plus qu’à prendre le prochain ferry, j’irai sur le pont, à l’extérieur, pour sentir sur mon visage la larme à l’oeil, une dernière fois, l’air marin et voir filer au loin ce petit bout de terre que je ne suis pas prête d’oublier…
Je remercie les Éditions Les Avrils, toute l’équipe et bien entendu le sacré Martin Dumont pour ce voyage. En ces temps étranges, les livres rendent possible l’impossible…

« Tant qu’il reste des îles, il y aura toujours un joli coin où jeter l’ancre. »

« Requiem pour une apache » de Gilles Marchand

Editions Aux Forges de Vulcain
Parution le 21/08/2020
405 pages

Bonjour, je suis bien à l’hôtel de Mr Jésus ?
Vous en personne ? Parfait.
Je voudrais réserver une chambre svp. Est ce possible ? J’ai pris connaissance de l’existence de votre établissement dans le livre de Gilles Marchand « Requiem pour une apache » et j’ai de suite eu envie de le découvrir. A vrai dire, je serai également ravie d’en rencontrer les habitants. Ils ont tous l’air si unis. Vous pensez qu’ils seront là ?

« Jésus le patron. Antonin l’idiot du village égaré. Marcel une bête de foire. Marie-Pierre la vendeuse d’encyclopédies. Joséphine la photographe frustrée. Mario l’Italie raté cuisinier. Paul un escroc notoire. Vieux John l’ouvrier retraité. Jolène la caissière analphabète bientôt rebelle. Suzanne une vieille odeur qui rampait sous les portes. Alphonse un sous-homme perdu au fond d’une bassine. »

Étant donné que je les ai côtoyés pendant 400 pages, je me suis vite familiarisée avec eux, j’y ai trouvé des complices, même des amis. Et puis votre hôtel est devenu énigmatique, célèbre, grâce à la prodigieuse Jolène, qui est devenue tout aussi fameuse.

« Elle ne savait pas quoi faire de ses mains alors elle a levé la droite en serrant le poing. »

Vous savez, je les ai tous écoutés, attentivement, leurs vies et leurs histoires m’ont touchée… On doit se sentir bien chez vous, ca se sent… Ils y ont tous élu domicile, les nouveaux arrivants se bousculent, à force, vous avez dû pousser les murs. J’espère que vous pourrez encore trouver un petit coin pour moi… pendant qu’il en est encore temps…

Et tout cela provient de la magie de l’écriture de Gilles Marchand, son humanité, il a l’art et la manière de nous faire sortir de notre zone de confort, de nous emmener avec lui dans son monde, celui dont il est le seul à détenir le secret et la clé. Déjà dans ses romans précédents j’ai pu le ressentir. Sa personnalité. Son univers. Sa plume que j’affectionne et admire tant. Sa marque de fabrique. Sa griffe littéraire. Celle d’une très belle personne qui ne cessera jamais de m’étonner et dont les lectures continueront à m’émouvoir…
Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain et David Meulemans pour ce joli cadeau.
Quant à toi, cher Gilles, vivement ta prochaine oeuvre !

« Elle commençait à comprendre que nous étions tous égaux face à la littérature, à condition de prendre le risque de s’y perdre. Les livres ne font pas le distinguo entre les grands et les petits, les beaux et les moches. »

« Contre nature » de Cathy Galliègue

Éditions Seuil
Parution le 01/10/2020

Ce qui m’a sauvée lors de la lecture de ce livre, c’est mon thé, car il m’a permis de reprendre mon souffle à chaque gorgée dégustée. J’étais tellement prise par ces histoires de ces trois femmes, que je ne pouvais plus respirer.
Elles étaient entre les murs de cette prison et moi, prise au piège derrière les barreaux de la plume de Cathy Galliègue.
Avec ses puissants mots, elle nous les raconte, avec l’intensité que confère son écriture.
Ton livre Cathy, mais ce livre !! Il me hante et me hantera encore probablement longtemps ! Je suis habitée par ton écriture et par ces trois femmes.

Je ne vous raconterai pas leurs histoires, c’est à vous de les découvrir, elles, leurs vies, leurs parcours, les chemins qui les ont menées toutes les trois dans cette prison.
C’est au fil de leurs maux, de ces mots, qu’elles m’ont touchée, captivée, ces trois femmes dont les corps et esprits ont été meurtris. Elles s’appellent :
– Pascale :
« Prenez, ceci est mon corps, venez y habiter, vous m’en direz des nouvelles. »
– Vanessa :
« Dans sa cité, elle a été la proie, le pantin qu’on a traîné dans les caves et qu’on a désarticulé en la faisant tourner sous les coups de boutoir de jeunes loups hilares. »
– Leïla :
« Je m’évade à ma manière, dans les livres, dans ma bibliothèque que vous ne fréquentez guère. Vous m’appelez Le Rat, je m’appelle Leïla. J’essaie de vous oublier. »
Leurs premiers rapports entre ces murs ont été très tendus, la loi de la plus forte dans le milieu carcéral… Grâce à la lecture et l’écriture, tout va changer. Elles vont se livrer, se vider de ce qui les encombre depuis si longtemps, ce qu’elles seules savent et endurent…

Quel talent pour me faire vivre de telles émotions… Et comme il m’a été difficile de trouver les mots justes, pour modestement chroniquer ce livre fulgurant ! Il m’a mise KO et ce, dès les premières lignes.

Je remercie infiniment les Éditions du Seuil et, évidemment, un merci tout particulier et affectueux à Cathy Galliègue, coupable de ce coup de foudre littéraire.

« Ce bouquin est notre mal joli ! Nos ventres, par le silence assassinés, ont enfin livré leurs secrets. Et juste au-dessus du ventre, il y a le cœur ! »

« Ulysse a dit… » de Mona Azzam

Editions La Trace
Parution le 25/08/2020

Tel le vent marin qui s’abat sur la mer, provocant des déferlantes, ce livre m’a fracassé contre son phare. Celui d’Ulysse. Celui de cet homme, passionné d’écriture, qui a décidé de changer de vie, de s’isoler dans ce haut lieu pour en devenir son gardien. Un ex-financier métamorphosé en « écrivain novice et gardien de phare solitaire. »

Comme Elle, j’ai été ballottée, elle dans les flots, moi dans les pages de son histoire, celle d’un voyage, d’un exil en quête d’une vie meilleure. Quitter son pays, ses racines, sa famille. Pour la France. Accomplir ce voyage long et périlleux à bord de ce bateau, cachée dans une cale puante, à l’issue terrifiante. Grâce à lui, à son courage, elle sera sauvée. « Le Petit Prince ».

Maïmouna a 13 ans, elle est Malienne. Et je peux vous dire que lorsqu’elle va s’ouvrir à Ulysse, pour lui raconter son périple, je me suis retrouvée en mode apnée. J’ai failli me noyer dans ses paroles. Alors j’ai pris une profonde inspiration et je l’ai écoutée, captivée et si émue. « Le pays, c’est là-bas. Où Ma va mourir. »

Ce livre est un condensé puissant : une atmosphère marine dont on ressens les embruns et la solitude des lieux, les mots pudiques puis plus libérés de cette enfant si jeune qui a déjà tant vécu.

Vous l’aurez bien compris, cette lecture fut pour moi une véritable vague géante, sur laquelle j’ai surfé avec un immense plaisir, la boule au ventre et l’émotion intense omniprésente dans mes yeux.

Chère Mona, j’ai découvert votre plume à travers ce roman qui, pour beaucoup, pourrait être un récit. Quelle puissance. Quelle intensité dans un livre si court. Quel est donc votre secret ?

Je remercie Mona Azzam, Babélio et les Éditions La Trace pour ce formidable cadeau.

« Naufragés, nous l’étions tous deux, d’un monde chaotique ».

« Si la vie te donne des citrons, fais-en une tarte meringuée » de Charlotte Léman

Amazon
Parution le 21/04/2020

Un titre tout trouvé par ce délicieux dessert, mon préféré, qui définit si bien Clémence. Imaginez une part de tarte au citron meringuée dans l’ordre de sa dégustation : d’abord la douceur et la légèreté de sa meringue, suivi du peps et l’acidité du citron, pour enfin finir sur la base solide de sa pâte.
Lors de la lecture de ce livre, j’ai trouvé que cela illustrait parfaitement l’évolution du personnage de Clémence. D’abord celle qui se laisse faire, que ce soit par son manager comme par son mari. Et puis les tracas de sa vie sont très révélateurs et chamboulent sa personnalité. Elle tape du pied (résilience ?), ne se laisse pas abattre et se reconstruit.
« Mettez de l’énergie positive dans chacune e vos actions, même les plus insignifiantes. »

Fan de pâtisseries, elle trouvera aussi beaucoup de soutien auprès de ses fidèles « toquées », qui sont toujours là pour elle, en toutes circonstances. Qui sont-elles ? A vous de les rencontrer.
Je me suis beaucoup amusée pendant cette lecture, mais pas seulement. Clémence est une jeune femme très attachante, j’ai passé de très belles soirées en sa compagnie. J’aimerais beaucoup la retrouver dans une suite pour continuer un bout de chemin avec elle.
Je remercie infiniment Charlotte pour ce joli cadeau et vous invite à lire cette très  sympathique histoire, qui, j’en suis certaine, vous séduira dès la première « bouchée » !
« Et le fait qu’elle puisse allier sa passion pour la pâtisserie à son travail était comme la meringue sur la tarte au citron. »

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