« Verity » de Colleen Hoover

Éditions Hugo Et Cie Poche Suspense
Parution le 10/11/2021
356 pages
Note : 8/10

Parfois il suffit d’un rien pour qu’une vie bascule, voir même que plusieurs vies basculent.
Lorsque Lowen, romancière à peu de succès, est sortie de chez elle ce jour-là, après une période d’isolement, elle n’aurait pu imaginer que cette journée serait un véritable tournant.
Bien malgré elle, elle assiste à un accident de voiture emportant sur son passage une personne. Très proche géographiquement de la victime, elle s’en retrouve éclaboussée de son sang et choquée par la scène. Devant cet état, un inconnu s’approche d’elle. La voyant perdue, il l’emmène dans un café pour qu’elle puisse se changer afin d’être plus ou moins présentable pour son rendez-vous. Ils finissent par se quitter en se souhaitant bonne continuation.
Lowen se rend donc à son rendez-vous chez un éditeur où son agent (et ex amant) l’y attend. En y arrivant, elle retrouve l’inconnu du café. Surprise. Il s’appelle Jeremy, marié à une romancière très célèbre, et souhaite recruter une ghostwriter qui finalisera la série de livres débutée par sa femme, frappée par l’incapacité d’écrire depuis un accident tragique.
L’occasion est magnifique, un contrat surprenant mais très intéressant financièrement, surtout pour Lowen aux finances au plus bas. Elle tergiverse, pas sûre d’être capable ni de vouloir honorer cette proposition. Mais elle finit par accepter.
Elle part s’installer quelques jours chez les Crawford pour récupérer des informations qui seront la matière grise de son travail. En pénétrant dans cette maison et famille, elle sera l’objet d’étranges découvertes. A la recherche de données pour mieux s’approprier l’écriture de Verity, Lowen se lance alors dans ses recherches et trouve un manuscrit : elle en est sûre, il s’agit de l’autobiographie de Verity. Une occasion inespérée pour apprendre à connaître celle au nom de qui elle va écrire.
Et c’est ainsi qu’elle va découvrir qui est cette femme. Ses obsessions. Sa vie. Ses drames… Et bien plus encore…
De fil en aiguille, Jeremy et Lowen vont se rapprocher. Comment résister ? La détresse de  Jeremy la touche, ce qu’il vit, mais aussi son petit garçon Crew auquel elle s’attache. Mais Lowen n’a pas sa place, comme un intrus, qui devient vite une menace pour Verity… La pression monte, crescendo, au rythme des suspicions de part et d’autre…
Ce fut pour ma part une belle découverte, une lecture intense, à la plume incisive. J’ai beaucoup apprécié la thématique portant sur deux autrices, la façon avec laquelle Colleen Hoover a orchestré leur histoire. Au bémol près, les scènes des ébats intimes des protagonistes sont trop détaillées, trop nombreuses et à mon goût inutilement répétitives. Sentiment également partagé par Lowen… Mais c’est aussi ce qui forge les personnages… A vous d’en juger !  Il n’en reste pas moins que je l’ai dévoré, comme un page turner très efficace.

Je remercie les Éditions Hugo Et Cie pour ce cadeau littéraire.

« Les sales gosses » de Charlye Ménétrier McGrath

Éditions Fleuve
Parution le 09/05/2019
264 pages
Note :  10/10

Très chère Jeanne,
Pour commencer, je vous remercie pour votre formidable compagnie.
Une chose est sûre : vous avez plus d’un tour dans votre sac et pas (ou plutôt plus) la langue dans votre poche !
Je suis ravie d’avoir fait la connaissance de toute la bande. Quel bonheur de vous avoir suivis tout au long de ces pages.
J’ai ri, j’ai été touchée par vous tous. Et pour tout vous dire, cette lecture m’a fait aussi beaucoup réfléchir.
Je vous ai emmenés tous les jours avec moi, je ne voulais pas vous quitter trop vite car je savais déjà que ce serait dur pour moi de vous dire au revoir.
J’ai tout aimé : vos caractères, vos frasques, votre divine et ingénieuse stratégie, votre amitié, vos aventures et votre culot ! Je vous ai rencontré pile au bon moment où j’avais besoin de vous et de votre histoire.
Les sales gosses ne sont pas ceux qu’on imagine… Petit teasing pour vos futurs lecteurs !
C’était génial d’être avec vous, une bouffée d’oxygène, une lecture très plaisante et  agréable…
Vous allez beaucoup me manquer !
Je vous embrasse tous bien fort…

« Sucre amer » de Avni Doshi

Éditions Globe
Parution le 05/01/22
304 pages
Note : 8/10

La maman de Antara, Ma, commence à perdre la mémoire. Malgré ce que disent les médecins, Ma n’y croit pas. Pour elle, tout va bien. Elle est dans le déni.
« Je me demande ce que deviendra mon amour pour Ma lorsqu’elle sera en fin de vie. Comment saurai-je m’en occuper quand celle que je nomme ma mère n’habitera plus son corps ? »

A travers la narration de sa fille, on découvre leur passé, leur histoire. Dès le départ, on sent bien que nous allons découvrir une dure et complexe relation mère fille.
« Souvent, pendant ces années d’adolescence, j’en vins presque à la haïr. Il m’arrivait de souhaiter qu’elle ne fût jamais née, tout en sachant que cela m’effacerait. Je compris la profondeur de notre lien, et comment, irrévocablement, sa destruction à elle mènerait à la mienne. »

Ma a toujours été davantage une femme qu’une mère. Antara a été sa fille peu choyée, peu aimée. Sa mère l’a entraînée avec elle, dans une secte dès ses 4 ans, a fait fuire son père. Antara a ensuite été placée dans une institution catholique qui ne fit qu’accroître des sévices qu’elle n’avait déjà que trop connus.
Pendant que Ma perd pied et que sa mémoire l’abandonne, celle de sa fille, au contraire, déroule le fil de leur passé.
« J’ai toujours su qu’avoir une gosse comme toi ne ferait que me gâcher la vie. »

Antara, souvent dans le doute, craint de reproduire le schéma de son vécu. Celui de cette mère, qui ne cessa de la dénigrer, de la rabaisser par rapport à sa voie et son art, jusqu’à ce qu’elle devienne mère à son tour. Mais je ne puis en raconter plus…

Très perturbant. Ce livre a failli me perdre. Serait-ce l’effet attendu ? Est ce que la perdition de cette mère et sa fille devrait être celle de la lectrice que je suis ? C’est très étrange. Sa dureté a fait que j’avais du mal à le reprendre mais quand j’y étais replongée, je ne pouvais plus le lâcher. Poignant, prenant aux tripes, on se questionne, on réfléchit, on se projette, on se demande comment est-ce possible ? Comment va réagir cette fille ? Antara a-t-elle le choix ? Sera-t-elle en mesure de s’occuper de sa mère, ce que cette dernière n’a pas su faire pour elle ? Un grand merci aux Editions Globe pour cette belle découverte !

Cette histoire doit vous être contée par Avni Doshi. Laissez vous porter par ses mots, où le sucre et l’amertume ont toute leur place.

« Negrinha » de Jean-Christophe Camus et Olivier Tallec

Éditions Gallimard
Parution le 15/01/2009
102 pages
Note : 10/10

Bienvenus à bord de cette chronique à  destination du Brésil. A votre arrivée, vous aurez le plaisir de rencontrer Maria et Olinda.
Grâce à elles et à travers leurs regards, vous déambulerez dans les différents thèmes abordés dans cette superbe BD. Apprenez à les connaître.
Au fil de ces quelques bulles et très belles planches,  vous découvrirez cette relation mère fille : Olinda met tout en oeuvre pour protéger sa petite : elle a fui sa favela de son passé pour offrir le meilleur à Maria.
Et lorsqu’elle sort un peu des sentiers battus, Olinda prie tous les saints pour qu’ils la protègent.
Maria est une jeune fille qui a besoin d’un lien social, normal et essentiel, avec les autres jeunes de son âge. Il est très rare que ses copines viennent chez elle…
Ses amies d’école ne sont pas issues de la même classe social que Maria ; ainsi lorsqu’un jour elles aperçoivent sa mère dont la peau est plus sombre que la sienne, elles la prennent pour sa « bonne »… Incroyable ! Mais Maria ne se démonte pas, elle est fière de sa maman.
Le chemin de Maria croise régulièrement celui de Toquinho, petit vendeur de cacahuètes. Un évènement déclenche un rapprochement.  Ils font plus ample connaissance. Il lui fera découvrir, entre autres, les joies de la musique… Quant à Olinda, elle travaille au service d’une femme de la haute société mais un jour, ces codes seront bousculés…. Et tellement de choses encore que je vous laisse découvrir 😉
Chères Olinda et Maria, quel plaisir d’avoir croisé votre route. Grâce à vous, j’ai voyagé et cette escapade de quelques pages au Brésil m’a réchauffée le coeur. Tout n’est pas rose dans votre histoire mais elle est très riche de leçons de vie, d’apprentissages, de tolérance et surtout d’une grande générosité.
Entao, obrigada por este lindo momento na vossa companhia (alors merci pour ce beau moment en votre compagnie) !

« Numéro deux » de David Foenkinos

Éditions Gallimard
Parution le 06/01/2022
235 pages
Note : 10/10

J’ai replongé dans l’univers d’Harry Potter avec un immense plaisir mais aussi avec beaucoup de tristesse. Parce que j’ai rencontré Martin Hill  grâce à David Foenkinos.
C’est l’histoire de celui qui ne veut plus prononcer ni même entendre son nom, celui que le Choixpeau magique n’a pas choisi, celui que les Détracteurs ont décidé de vider de son bonheur et souvenirs heureux.
Ce petit garçon  avait une vie quasiment normale, celle d’un fils de parents séparés, jusqu’à ce fameux jour où il participe au casting de Harry Potter. Ils étaient des centaines, mais à la fin, il n’en resta plus que deux : Daniel Radcliffe et Martin Hill. Malgré le fait que ce dernier était au début pressenti, ce fut le premier qui arriva à mieux convaincre les équipes. Daniel Radcliffe fut donc l’élu.
C’est ainsi que l’ascension vers le succès pour lui fut la descente aux enfers pour Martin. Il s’était déjà tant propulsé et imaginé ce que serait sa vie en tant que Harry, qu’il plongea dans l’abîme. Ce fut très difficile pour lui d’encaisser cette défaite.
« La pire conséquence d’un échec, c’est qu’il transforme le reste de votre vie en un perpétuel échec. Martin comprit qu’il n’en sortirait jamais. »

Il n’y arrive pas. Face au phénomène incontournable de Harry Potter, quel que soit l’endroit, on n’entend parler que de lui. Sans cesse. A la télé. A l’école. Les livres. Chaque sortie d’un nouveau film atteint Martin de plein fouet. Il suffoque. Il perd pied. A se demander s’il ne devient pas fou. A en perdre la tête et la raison. Cette obsession prend une telle ampleur que Jeanne, sa mère, décide de prendre les choses en main… Consulter un psychologue, est ce vraiment la solution ? D’ailleurs existe-t-il une issue ?
« Sa frustration avait pris source dans le fantasme d’un autre destin qui paraissait meilleur. Mais que connaissait-il réellement du quotidien de l’autre ? Pas grand-chose, à part ce qu’en racontaient les médias et l’industrie du rêve. »

Et on assiste à sa dégradation, impuissants. Martin est comme hanté par cet échec. Il a ce sentiment de raté qui ne cesse de le poursuivre.
Quelques années plus tard, il arrête ses études malgré ses bons résultats. Il trouve un emploi de gardien de musée au Louvre. Car pas de place pour Harry Potter dans un musée. A sa moindre évocation, au moindre objet, à la moindre publicité, Martin fuit, se renferme…
Jusqu’au jour où il décide d’essayer de s’en sortir, d’exorciser… Mais y parviendra-t-il ? Seul ? Comment peut-il espérer construire un jour une vie sans parvenir à faire abstraction de cet épisode de son passé si douloureux et omniprésent ?

J’ai tout aimé : le retour dans l’univers de Harry Potter, l’écriture de David Foenkinos, l’histoire de Martin Hill… Ce livre est tout bonnement génial. Surtout pour une fan Harry Potteresque comme moi. C’est comme si, via le quai 3/4, j’avais pénétré dans l’antre de ce monde fascinant. De l’autre côté du miroir. Celui dont on ne parle pas… J’ai ouvert ce bouquin, et comme si j’avais mis ma tête dans la « pensine de Poudlard », son tourbillon m’a piégée. Un très beau piège pour un grand coup de foudre ! Merci Maître Foenkinos 💗

« Notre route unique n’offre pas le moindre accès au chemin que nous n’empruntons pas. »

« La commode aux tiroirs de couleurs » de Véronique Grisseaux – Amélie Causse – Winoc

Adaptation BD d’après le roman d’Olivia Ruiz
Éditions JC Lattès – Grand Angle
Parution le 03/11/2021
80 pages

Tout part de ce meuble aux apparences classiques, tout ce qu’il y a de plus normal. Une commode composée de dix tiroirs, chacun revêtu d’une couleur différente.
Lorsqu’elle était une petite fille, elle n’avait pas le droit de les ouvrir. Il lui a fallu attendre le décès de sa grand-mère Rita pour en hériter.
Et ainsi, au gré de chaque tiroir qu’elle ouvre, découvrir un souvenir révélé, un secret dévoilé, venant raconter l’histoire des siens qui devient la sienne et celle de sa fille.
On y fait la connaissance de sa famille, de son parcours, de leur quête d’une vie meilleure, de leur fuite de la dictature de Franco. Quitter l’Espagne, vers d’autres terres, pour tenter de s’y construire.
On les suit, on les accompagne, on s’y attache, on les comprend… Toutes et tous m’ont touchée, évidemment, comment rester impassible face à ce qu’ils ont vécu et traversé ?
Je n’ai pas encore lu ce roman d’Olivia Ruiz mais il est en bonne place sur ma haute pile à lire en équilibre. Une chose est sûre, j’ai été très agréablement surprise par cette histoire et cette adaptation BD est une très belle réussite.

« La chair de sa chair » de Claire Favan

Éditions Harper Collins Noir
Parution le 03/03/2021
353 pages

Attention ! Warning !
Machiavélisme diabolique à la clé !!
Poussez cette lourde porte et pénétrez dans l’antre de cette famille. Celle de cette femme, mère, et ses enfants, que la vie n’a pas épargné.
L’histoire de Moïra se passe aux États-Unis. Elle est confrontée à la violence conjugale de son premier mari. Lors d’une de ces scènes, son fils Peter décide un jour de mettre un coup de couteau à son père pour protéger sa mère. Le père se remet de ses blessures, et part en prison, purger sa peine. Moïra refait sa vie quelques temps plus tard et de cette nouvelle union naît un garçon Nigel et la petite Wendy, qui sera diagnostiquée atteinte de la mucoviscidose.
Mais un drame frappe encore une fois : ce deuxième compagnon se suicide, dans des circonstances très mystérieuses.
Moïra se retrouve donc seule avec ses trois enfants. Elle doit tout gérer, a des dépenses conséquentes pour pouvoir soigner sa petite fille. Elle cumule plusieurs emplois pour faire face et est donc très souvent absente en laissant ses enfants sous le contrôle de son fils aîné Peter. Les voisins signalent ses agissements aux services sociaux, qui s’en mêlent, non pas pour l’aider mais plutôt pour l’enfoncer encore un peu plus dans cette situation critique.
« Son existence a été éprouvante et misérable la plupart du temps, une lutte incessante pour maintenir la tête hors de l’eau, mais comme elle n’a connu que ça, elle s’est toujours adaptée. Et elle le fera encore une fois. »

Un soir, submergée par la fatigue, Moïra craque et se confie à son fils cadet, Nigel, en lui faisant comprendre que la petite Wendy est un poids et une gêne pour tous, qu’elle représente un danger. Celui que ses enfants lui soient retirés et placés. Sans oublier les contraintes financières qui risquent de les plonger dans la pauvreté.
Nigel décide alors d’abréger les souffrances de sa soeur et pense ainsi sauver toute la famille par un acte tragique. Un psycho traumatisme aura raison de lui. Il est alors interné, enfermé dans son mutisme… Il sera suivi par un médecin, qui lui tendra la main et bien plus encore… Bruce, un personnage clé qui déverrouillera le passage des mystères…
« Cependant, tu ne peux me cacher que tu souffres d’avoir perdu Nigel. Or, ton enfant, la chair de ta chair… Tu imagines l’épreuve qu’il traverse ? »
Je ne peux en dire plus. Ouvrez le. Lisez le. Préparez vous au choc.

Très chère Claire,
C’est avec un boum boum au coeur que j’ai tourné la dernière page de « La chair de sa chair ».
Un thriller poignant, divinement orchestré, qui va droit au but. Dès les premières pages tout est posé : l’ambiance, les personnages, les caractères, leurs forces et faiblesses… Et pourtant il en reste tant à découvrir et c’est peu de le dire.
Ce livre est encore une fois d’une grande efficacité. Votre griffe. Votre plume. Votre talent. Aucune place pour les fioritures ni les détails inutiles. Tout est nécessaire et a son importance.
Je l’ai dévoré, à en perdre le souffle ! Après « Inexorable » qui m’a laissée sans voix, « La chair de sa chair » le rejoint parmi mes gros coups de cœur littéraires !

Retrouvez ici les mots de l’autrice : Rencontre Claire Favan – Médiathèque Boris Vian – 19/03/2022

Rencontre Claire Favan – Médiathèque Boris Vian – 19/03/2022

Le 19 Mars 2022, la médiathèque Boris Vian de la ville de Tremblay a organisé une rencontre avec Claire Favan, dans le cadre de notre club participatif des « Mordues de Polars ».

Nous avons eu l’occasion d’échanger avec l’autrice, découvrez ci-dessous l’interview.

Qu’est-ce qui vous a inspiré, donné envie, d’écrire votre dernier roman La chair de sa chair ?

Claire aime lire des polars, tout comme sa mère, qui lui a transmis cette passion. Un jour, Claire a lu « Fête fatale » de William Katz et ce fut la révélation. C’est ainsi qu’elle a décidé d’écrire des livres comme ceux qu’elle aime lire.

« La chair de sa chair » est un livre par couche. Il raconte la vie d’une famille subissant les conséquences d’un père violent. L’un des paramètres majeurs est celui du rôle joué par les institutions sociales. Le point de droit américain, abordé dans le livre, relatif à l’emprisonnement des enfants et au faible niveau de couverture sociale, semble très éloigné de ce qui pourrait être attendu d’un pays civilisé.

Moïra est mère de 3 enfants de 2 pères différents, elle doit assurer la survie des siens.

La majorité de vos romans se déroule aux Etats-Unis. Pourquoi ? Avez-vous un lien particulier avec ce pays ?

Claire aime s’évader et par conséquent, partir en situant ses romans ailleurs et ainsi récolter des informations d’autres pays.

Elle apprécie placer ses intrigues aux USA car il semblerait qu’il y ait plus de tueurs en série, une belle base de travail pour une autrice de thrillers ; sans oublier la complexité des équipes d’enquêteurs (unifiées), le FBI et des différents magistrats offrant de la matière à son travail de recherches et d’écriture. Le choix des USA est aussi dû à son immensité, où chaque déplacement est un voyage à part entière.

Le sujet de la famille dysfonctionnelle est au cœur de vos romans. Dans la chair de sa chair, Moira est une femme battue qui doit lutter pour faire vivre sa famille ; les hommes sont absents, et les enfants sont livrés à eux-mêmes. Pourquoi vouloir écrire sur ces familles ?

Tout se joue dans l’enfance, la base de l’adulte qu’on devient.

Le thème des enfants est en effet récurrent dans ses romans car il constitue un terreau idéal lorsque cette enfance est gâchée.

En tant qu’autrice, Claire a besoin d’aspérités sur ses personnages pour s’y accrocher, avec une personnalité complexe offrant les conditions idéales pour construire une histoire. Ses personnages sont souvent des personnes lambda, comme vous et moi, ce qui permet aux lecteurs / lectrices de s’identifier d’autant plus facilement et de vivre sa lecture intensément, raison pour laquelle les romans de Claire Favan laissent une trace importante, même bien après avoir refermé le livre.

Chaque auteur suit une méthodologie d’écriture. Quelle est la vôtre ? Dans quel cadre / lieu aimez-vous écrire ? Quelles sont vos bases de travail : la documentation a-t-elle une place importante ? Et enfin, comment conciliez-vous votre travail dans la finance et votre métier d’autrice ?

Claire élabore toujours sur plan, elle a besoin de cette structure comme base de travail ; il peut évoluer au fur et à mesure. Ce déroulé permet de définir quoi écrire et quand.

Devant son PC, Claire peut ainsi se consacrer pleinement à l’écriture, la mise en scène, les décors… grâce à cette « colonne vertébrale ».

« Quand on a un plan, on a des petites collines à gravir ; quand on en n’a pas, on a une montagne à surmonter ! »

Elle écrit essentiellement le soir, après sa journée de travail (dans la finance).

Tout part d’une idée, qu’elle laisse germer. Dès qu’il y a assez de matière, le plan est mis par écrit.

Dans la mesure où elle est une lectrice exigeante, elle s’applique à elle-même en tant qu’autrice, un certain niveau d’exigence. Elle aime surprendre ses lecteurs.

En ce qui concerne les recherches, elle se documente beaucoup sur internet.

Les lieux et les décors sont souvent identifiés sur Google Maps : tous les détails sont analysés pour voir s’ils sont adaptés à ce que Claire veut faire subir à ses personnages.

Après avoir écrit et publié 10 livres, cela offre un très beau lectorat qu’il faut continuer à fidéliser. L’écriture est et reste sa passion. Claire concilie très bien sa vie professionnelle et sa vie d’autrice. Elle se dit « être un animal sociable » qui a besoin de ce monde professionnel, représentant un ancrage pour elle.

Dans votre roman, les personnages subissent les pires tourments dans une sorte de fatalité, de déterminisme. Pourquoi les souffrir autant ? Aussi, votre écriture est très rythmée. Quelle est votre technique d’écriture pour nous tenir en haleine ?

En tant que lectrice, Claire a beaucoup de mal avec les descriptions trop longues et n’aime pas les détails inutiles. Elle s’applique donc à être très succincte lorsqu’elle écrit.

Pour elle, il faut aller à l’essentiel donc ce que pensent les personnages.

Chaque chapitre apporte quelque chose aux lecteurs, suscitant tout l’intérêt et créant ce rythme.

Comme indiqué précédemment, pour ses thrillers, Claire a besoin de personnages rudes, cabossés avec des aspérités lui permettant des points d’accroche.

Très souvent ces romans lui permettent de faire passer des messages, en dénonçant des failles de la société, à travers les vies de ses protagonistes.

Les fins de ses romans ne sont jamais des « happy end » car elles laissent ainsi une trace, un sentiment de malaise chez les lecteurs, qui reste en eux.

A l’inverse, si certains se terminent « bien », cette fin ne sera pas morale !

Claire axe ses livres sur des violences psychologiques, car elle estime qu’elles ont plus de portée et font beaucoup souffrir. Une blessure physique cicatrise mais une souffrance morale n’a pas de fin, c’est un meilleur vecteur.

Elle choisit des personnages proches de tous, comme nous, afin qu’ils soient plus percutants. Un choc psychologique peut toucher tout le monde, et c’est ainsi que les lecteurs s’identifient encore plus aux protagonistes. Claire joue aussi beaucoup sur la mise en scène, très imagée, pour que l’on s’y intègre rapidement.

Quelle lectrice êtes-vous ? Quelles sont vos lectures préférées ? Quel est votre livre de chevet du moment ?

Claire Favan est une grande lectrice de polars.

Elle passe beaucoup de temps dans les transports en commun, qui sont donc devenus un lieu de lecture au quotidien.

Avant d’être publiée par de grandes maisons d’édition, elle a été lancée par « Les nouveaux auteurs » avec son livre « Tueur intime ».

Elle a été nommée Présidente du jury de cette plateforme et lit actuellement le prochain titre en lice pour remporter le prix (dont nous n’en savons pas plus, si ce n’est qu’il est terriblement bien !).

Un prochain nouveau roman est en-cours : il racontera l’histoire de 2 jumeaux abandonnés, aux destins totalement différents, et évoquera par la même occasion la situation des enfants vivant en ASE (Aide Sociale à l’Enfance). Surveillez bien les sorties en librairie, celle-ci est prévue en Octobre 2022 😊.

Je tiens à remercier infiniment Claire Favan pour ce superbe moment partagé lors de cette rencontre du 19 Mars 2022, ainsi que toute l’équipe de la Médiathèque Boris Vian et tout particulièrement Angélique, notre chef nationale du club des « Mordues de polars ».

Apéro Pocket 2022 Gang Polars

C’était Mardi 15 Mars 2022, le 1er Apéro Pocket 2022 Gang Polars !

C’est toujours avec un plaisir immense qu’on pénètre dans l’antre de cette scène de crime divinement orchestrée par la Dream Team Pocket.
Nous avons eu la chance de rencontrer 4 maîtres de plume noire : Mathieu Lecerf, Frédéric Lepage, Maud Mayeras et Adrien Pauchet. Passionnants. Hyper sympas…
Une belle occasion de revoir celles et ceux qui partagent notre même amour pour les livres et les polars…
Un immense merci pour tout à la remarquable équipe Pocket, Emmanuelle Vonthron et tous ceux qui œuvrent pour nous offrir ces délicieux moments de partage et convivialité !

« Mortels désamours » de Martine Papiernik

Éditions Terre d’Auteurs
Parution le 27/12/2012
81 pages

Je connaissais déjà cette divine plume, dans un tout autre univers. Celui d’un récit intense et poignant, l’histoire de famille de son autrice, une lecture d’un manuscrit inoubliable.
Et puis sa fille Juliette a mis entre mes mains ce recueil de nouvelles. Ce fut l’extase.
J’ai vécu ce moment, ailleurs. Comme si je déambulais dans un couloir et à chaque alcôve où je m’arrêtais, j’écoutais ce qu’elle me racontait.
Un souvenir d’antan, un amour du passé, une petite qui se trouve moche, des larmes bleues… Et tant d’autres personnages rencontrés. Entre tristesse, nostalgie et solitude, ils m’ont accompagnée. Mais pas assez longtemps. J’en aurais voulu beaucoup plus. Le temps de s’y attacher et la nouvelle prend fin.
« Il était une fois, une histoire de mort et d’amitié, un vieil homme, un commissaire… Et une Dame du parc donc il ne pourrait jamais parler. »

Très chère Martine,
Quel plaisir de vous lire à nouveau. J’ai dévoré ce petit trésor en quelques heures. Il est très beau. Vos nouvelles sont très belles. Sans oublier les artistiques illustrations de Léo.
Vous formez un excellent duo et à vous deux, vous avez plus qu’enchanté mes voyages…
Je vous embrasse 😉 et vous dis merci !