3 ans déjà !

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LittéLecture Blog fête son 3ème anniversaire.

C’est une aventure formidable, riche en rencontres, découvertes littéraires, participations à des événements inoubliables. Les livres ont ce pouvoir magique de rassembler les gens, de tisser les amitiés.

Si ce blog existe c’est aussi grâce à vous, abonnés et visiteurs. Sans oublier les auteurs et les maisons d’édition.

Un grand merci à tous et… merci les livres !

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« Une famille presque normale » de M.T. Edvardsson

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Éditions Sonatine
Parution le 01/10/2019

Sélection Prix des Lectrices Elle 2020

Une famille presque normale, c’est quoi au juste ? Une mère avocate, un père pasteur et une adolescente dans sa phase rebelle ? Ça pourrait l’être… Mais il va suffire d’un évènement pour que tout bascule et que cette normalité soit remise en question.

Stella est une fille vive, sur le chemin transitoire entre l’enfance et l’adulte. Elle s’affirme mais toujours dans les limites. En compagnie d’Amina, meilleures amies depuis leur tendre enfance, elles partagent le plus clair de leur temps ensemble.
Et c’est lors de l’une de leurs sorties d’un soir, dans un café où elles sont devenues des habituées, qu’elles font la connaissance de Christopher Olsen. Un homme séduisant et fortuné, les filles ne resteront pas insensibles  à son charme. De fil en aiguille, Stella entamera une relation avec celui qu’elle appellera Chris.

Alors lorsque le corps sans vie de Chris est découvert, tout laisse penser que Stella est la coupable idéale. Elle est arrêtée. L’enquête est lancée et la machine judiciaire se met en marche.
« Voilà quelques mois, nous étions encore une famille tout à fait normale. Aujourd’hui nous voici prisonniers sous le feu implacable des projecteurs. »

A travers les voix du père, de Stella et de la mère, ces trois grandes parties de ce thriller nous permettent de découvrir qui ils sont réellement. Ce père pasteur, inspirant la confiance, est-il vraiment si fiable ? A travers le récit de Stella, on découvre sa vie en milieu carcéral, ce qu’elle a vécu par le passé. On comprend mieux l’évolution de sa relation avec Chris. Et puis, au tour de la mère, celle qui veut rattraper ses erreurs, ses manquements, jouer enfin ce rôle de mère protectrice… Mais à quelles conditions ? Jusqu’où peut-on aller pour protéger ses enfants ?
« Les gens sont prêts à mettre de côté toute éthique et toute morale pour défendre leur famille. Les principes gravés dans le marbre sont pulvérisés sans peine quand il s’agit de protéger son enfant. »

Au bémol près de quelques petites failles (dans l’écriture ou la traduction), ce fut un agréable moment de lecture. L’intrigue est bien ficelée, en laissant place aux doutes du lecteur qui pense avoir trouvé le coupable.
J’ai aussi apprécié le lien que Nounours a construit avec Stella, via son initiation à la lecture. Cela m’a fait penser au concept « Lire pour en sortir » qui permet les diminutions de peines légères grâce aux fiches de lecture des détenus. La réinsertion par la culture.
« Grâce au livre, un tout autre monde s’ouvre à ma conscience, où je me précipite la tête la première. Je voudrais ne jamais en ressortir, ne jamais revenir dans cette maudite cellule de merde. Je ne sens même plus l’odeur quand je lis. »

Read Dating !

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Lancement d’un nouveau concept de partage de vos lectures « coup de coeur ».

Comment ça marche ?
– Ajoutez un commentaire sur cet article
– Indiquez le titre et l’auteur(e) d’un livre coup de coeur
– Citez-en une seule phrase qui nous donnerait envie de le lire

A vous de jouer !

L’Instant Blogueuse

L'Instant Blogueuse - affiche v3

Save the date !

La librairie L’instant et LittéLecture Blog vous proposent de participer à ce 1er rdv de lancement de « L’instant Blogueuse » le 5 Mars 2020 à Paris 15ème. Un joli moment de partage de nos coups de coeur littéraires !

« Girl » de Edna O’Brien

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Éditions Sabine Wespieser
Parution le 12/09/2019

Sélection Prix des Lectrices Elle 2020

C’est difficile. Difficile d’être spectatrice passive de ce qui se déroule dans ce livre. Difficile d’être impuissante. Difficile de l’apprendre. Difficile d’en prendre conscience.
Je ne pouvais pas imaginer la puissance de ce roman, que cache ce mot unique qui compose son titre : Girl.

« Quand ils ont fait irruption dans le dortoir, on ne savait pas qui ils étaient, mais très vite on a su. On avait entendu parler d’eux et de leurs manières de brutes, mais, avant de connaître quelque chose, on ne le connaît pas. Ils avaient brûlé et pillé des villages, massacré les innocents. »
Edna O’Brien s’est inspirée de l’histoire vraie de ces jeunes filles kidnappées par Boko Haram au Nigeria. Sur leurs pas, l’auteure a revécu leur périple, au scènes retranscrites  insupportables qui ont jalonnées ce parcours chaotique.

« Maryam. J’ai ravalé mes larmes, honteuse. Qu’était-il arrivé à la fille que j’étais jadis. Disparue. Il ne restait plus d’amour en moi. Je voulais mourir. »
Arrachées à leurs familles, elles ont subi des sévices atroces. Leurs conditions de détention étaient inhumaines, au rythme des châtiments qui leur étaient réservés. Ces filles ont été métamorphosées, psychologiquement retournées, perdues, méconnaissables à leurs propres yeux.

Alors quand elles retrouvent un semblant de liberté, leur fuite dès les premières chutes de bombes, elles feront face à une autre horreur. Celle des corps. De l’incertitude. De l’inconnu. Sans destinée, un chemin s’ouvre à elles, sur lequel tout ne sera pas douceur ni confort.
« Je raconte notre capture, le travail qu’on nous a fait faire, la cuisine, le ménage, les prières, les raclées régulières, mais je ne dis rien des sauvageries dans la maison bleue. Je dis que j’ai été mariée, que j’ai accouché et comment, avec Buki, on s’est échappées quand le gouvernement a bombardé le camp. Je décris les filles mortes, par terre, et d’autres laissées derrière, tout espoir éteint. Je parle de la cahute et du feu que Buki qui a fait, comment elle a été mordue par un serpent et en est morte. »

Edna O’Brien est édifiante, de par sa démarche, ses recherches, la véracité et le juste équilibre de ses propos. J’ai été conquise, envoûtee par cette lecture, qu’il faut absolument découvrir.

« Le troupeau a fui vers où l’herbe est plus tendre, a fui le carnage et le fléau. »

« Frida Kahlo – Une peinture de combat »

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Éditions Palette… L’Art et la manière
Parution le 17/05/2005

A travers cet ouvrage destiné à la jeunesse, on découvre les différentes oeuvres majeures de Frida Kahlo, dans lesquelles elle retrace le parcours chaotique de sa vie.

Sa solitude l’a rendue experte dans l’art de l’autoportrait. Elle devient sa propre muse, son modèle.

Sur son chemin artistique, Frida Kahlo puise l’énergie et la force pour continuer à vivre, malgré ses souffrances. Une leçon de résilience dans laquelle la peinture a joué un rôle essentiel.

« Rien n’est noir » de Claire Berest

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Éditions Stock
Parution le 21/08/2019

Sélection Prix des Lectrices Elle 2020

La connaître de renom est une chose, la découvrir en est une autre. Grâce à ce roman de Claire Berest, j’ai fait la connaissance de Frida Kahlo. J’ai découvert son histoire, ses souffrances, les difficultés auxquelles elle était  confrontée pour exercer son talent artistique.
« Alors elle commande à son père des pinceaux, des couleurs, un chevalet et de la toile. Et, d’un coup, elle se met à peindre la réalité. »

Son corps est sa prison, la peinture et son art sont son exutoire. Victime de cet accident qui l’a plongée dans d’atroces douleurs, de  nombreuses cicatrices ont marqué sa peau, sa chair, ses os.
« Elle peint pour s’abriter. Pour ne pas être seule. »

Au-delà de cette figure et ce qu’elle représente, c’est une femme. Un coeur qui bat et qui bat encore plus fort lorsqu’elle croisera la route du grand Diego Rivera. Mais rien n’est dû au hasard. Car cette rencontre elle l’a toujours espérée, un peu comme si elle avait déjà cette certitude qu’un jour elle arriverait. Il est son idole comme pour beaucoup d’autres. Déjà étudiante elle l’observait en cachette.

Sa vie change, tout bascule. Elle se livre, elle se raconte, Diego devient cette épaule qu’elle n’a plus eu pendant longtemps. Ils se marient. Deux artistes peintres en fusion. Une relation pour le moins libre, d’un homme à femmes, avec celle qui ne se laissera pas anéantir. Tout en vue sans suspens ni cachotterie.

Une belle palette de couleurs, un éventail d’émotions, le roman du tout est possible, une dimension de découverte et d’ouverture sur l’art, suscitant ma curiosité à en apprendre encore davantage sur Frida Kahlo et son oeuvre. Ce livre et sa protagoniste sont une leçon de résilience inoubliable, sous la plume fabuleuse de Claire Berest, qui trace cette histoire comme au fusain. Absolument captivant.

« Il faut dire je t’aime quand on a le temps. Après on oublie, après on part, après on meurt. »