« La brodeuse d’histoires » de Martina Aranda

Éditions CotCotCot
Parution le 01/10/2019

Lorsque Mila emménage dans ce nouvel appartement avec ses parents, elle ne sait pas encore qu’elle va y rencontrer une amie.
Et cette amie n’est autre que Lucia, une voisine. Cette dame a la particularité de lui raconter des histoires des artistes qui vécurent alentours il y a longtemps. Elle ne lit pas. C’est son imagination qui brode ses mots comme ses doigts dessinent de jolis motifs aux fils colorés sur son ouvrage.
Des illustrations sublimes honorent ce très bel album jeunesse qui se dévore trop vite tant il est court et ô combien touchant.
J’en aurai aimé beaucoup plus, il est beau, il est doux, et laisse en moi l’empreinte de sa douceur aussi profonde que le coup de crayon de sa vénérable créatrice.
Un grand merci à Babélio et aux Editions CotCotCot pour ce tendre moment avec elles.

« L’émouvante et singulière histoire du dernier des lecteurs » de Daniel Fohr

Éditions Slatkine et Cie
Parution le 28/01/2021
150 pages

Ça commence fort et donne le ton dès le début. Un homme qui se déguise en femme pour s’octroyer le droit et le temps de lire. Parce que lire c’est typiquement féminin. Dit-il…
« …j’en suis réduit à me déguiser en femme pour aller lire dans un parc. J’ai toujours aimé lire à l’extérieur, n’importe où, mais ça devient difficile. »

J’ai été séduite par cet homme, par ses mots et son humour, par ses sentiments qu’il exprime vis-à-vis des livres. J’ai été emportée au gré de ces pages, par cette histoire burlesque, en me laissant prendre au jeu… me disant « Et si c’était vrai ? » Et alors, pourquoi pas ? J’ai aimé ses citations, ses références littéraires, j’en ai marqué des pages, j’en ai coché des extraits.
Et voilà l’état d’esprit dans lequel j’ai découvert la merveilleuse histoire du dernier des lecteurs. Le seul homme. L’unique.
« Je suis le dernier lecteur de livres sur cette planète. Tous les autres sont des femmes. »

J’aime les livres qui parlent de livres et de lecteurs. Imaginez. Avec celui-ci, me voilà servie. Il nous raconte son histoire, lui, l’anonyme. Comme lui, mes doigts ont filé sur le papier granuleux. Ce plaisir de le toucher, le livre papier.
« De même que l’arbre qui tombe ne fait de bruit que si quelqu’un est là pour l’entendre, un livre n’existe que si quelqu’un est là pour le lire. »

Être le dernier des lecteurs c’est pour lui aussi être le responsable de cette espèce masculine en voie de disparition… il faut donc tenter de passer le flambeau, assurer le relai, quoi qu’il en coûte… plus facile à lire qu’à faire !
« La littérature est un jardin secret qui demande à être partagé. »

« Un livre c’est de la magie blanche. On ne sait jamais ce qui sortira du cube de papier et l’effet qu’il produira une fois ouvert. »
Je peux vous certifier que la magie de celui-ci a bien eu l’effet escompté. Il est hors du commun. De ce cube de papier est sorti un excellent moment de lecture, addictif et divertissant, pour lequel je remercie infiniment les Éditions Slatkine et Cie et son vénérable auteur.
Et quant à vous, Daniel Fohr, pour répondre à votre chaleureuse dédicace (encore merci pour cette délicate attention), je vous confirme que j’ai passé un très agréable moment en compagnie de votre dernier lecteur, je m’associe bien volontiers à sa cause de défenseur du roman et du papier. Au plaisir de vous lire à nouveau.

« …il faut louer le pouvoir des mots. »

« Ma soeur, serial killeuse » d’Oyinkan Braithwaite

Editions Delcourt – La Croisée
Parution le 13/02/2019
235 pages

Ayoola se débarrasse de ses conquêtes les une après les autres. Korede vient à son secours et nettoie, que dis-je, décape les scènes de crimes que sa soeur laisse derrière elle. Un duo hors du commun.
« Ayoola m’appelle et prononce ces mots que j’avais espéré ne jamais plus entendre : Korede, je l’ai tué ».

Korede est infirmière dans un hôpital du Nigeria. De par son métier, son travail occupe beaucoup sa vie. Célibataire, elle a flashé sur Tade, médecin du même établissement. Korede l’aime secrètement, Ayoola ouvertement, ce qui finit par agacer fortement Korede.
Ayoola est la plus belle des deux. Uniquement de l’extérieur. Son charme envoûte les hommes et les attire telle une sirène des mers, mais en eaux troubles. Ses relations ne durent jamais très longtemps et se terminent toujours par une fin tragique récurrente.
« Je me demande où elle cache le couteau. Je ne le vois jamais, sauf quand j’ai aussi l’occasion de contempler un corps qui se vide de son sang à mes pieds… ».

Elles vivent toutes les deux avec leur mère et la « petite bonne ». Leur complicité est infaillible. Korede se sent responsable de sa soeur et au moindre de ses appels, elle accourt. Mais quand le poids de la conscience devient trop lourd à portée, Korede se confie à un patient plongé dans le coma. Elle lui parle, elle lui raconte, elle se confesse à lui… Mais jusqu’à quand ? Pourquoi Ayoola a-t-elle ce comportement ? Quand vous découvrirez son passé et l’histoire du père, vous comprendrez… Mais… Je vous laisse plonger dans cette lecture…

Ce roman m’a littéralement envoûtée. Comment s’attacher à de telles personnages ? Il est très addictif, dès qu’on l’ouvre, on ne peut plus le lâcher. Il a tout d’un grand, d’un best seller. J’ai hâte de découvrir son adaptation cinématographique… Bravo à Oyinkan Braithwaite et un immense merci aux Éditions Delcourt – La Croisée pour ce coup de foudre !

Les Avrils – rencontre virtuelle du 9 février 2021

Les mots de Raphaël Alix…

Dans ce livre, le rapport au corps est essentiel. Il y est question de masculinité et de mettre en perspective comment chacun occupe son corps et comment il le traite.
Un homme tombe enceinte. Le roman glisse ainsi vers la virilité, la parentalité, la part du père. Raphaël a voulu en faire un récit fiction, dans cette ambiance de tango, qu’il trouve très beau. La danse est comme une parabole d’assignation de genre de « L’homme mène, la femme suit ».
Sa compagne est tombée enceinte de jumeaux, ce qui a alimenté l’idée et la réflexion, en bousculant les choses.
Raphaël trouve son inspiration dans la fantaisie, beaucoup dans le cinéma. Il s’inspire aussi de Marie Darrieussecq, Tanguy Viel. Le choix de ses personnages s’est porté sur des anti Héros, ils ne font pas partie des grands du monde.
Pour Raphaël, en tant que romancier, son désir est de poursuivre l’écriture, plutôt orientée vers une dimension fictive, il a très envie de poursuivre dans le domaine du roman.
La rencontre de Raphaël avec les Avrils  avait déjà été comme préméditée, puisque son texte avait déjà été lu par Lola Nicolle dans une maison précédente. Puis il a appris la création de la collection et il lui a envoyé à nouveau son texte, pile au moment de la création des Avrils.

Quelle chance pour nous lecteurs aussi que cette rencontre se soit réalisée. Merci pour ce beau moment !

« Le premier homme du monde » de Raphaël Alix

Éditions Les Avrils
Parution le 03/02/2021
188 pages

Je ne saurai comment vous dire ni vous expliquer ce que j’ai ressenti en lisant ce livre. A part que ce fut un pur kif littéraire. Au-delà du fait qu’il s’agisse d’une lecture à prendre au 3ème ou 4ème degré, je l’ai surtout trouvé très poétique. Ne me demandez pas pourquoi. Peut-être sa plume. Certainement cet air de tango qui n’a cessé de m’accompagner. Comme leurs chaussures de danse glissent sur la scène de cet amphithéâtre, les pages ont filé entre mes doigts.
Même si l’histoire de Marcus et Rose est fantasque, elle m’a transportée. 
Tous deux fervents danseurs de tango, dans ces alcôves des bords de Seine, ils s’aiment. Et de cet amour, Rose voudrait que naisse un enfant. La première réaction de Marcus fut assez vive et tranchée : ce fut non. Voyant l’impact de cette décision ternir le joli visage et tout le corps de sa bien aimée, il finit par se faire une raison et accepter.
Les tentatives savamment surveillées se sont répétées et un jour, elles finirent par porter leurs fruits : une petite graine fut déposée.
« Nous n’en reparlâmes plus. Je continuai ma  couvade dans mon coin, pendant que Rose, elle, mourait à petit feu. »

Les premiers symptômes firent leur apparition et aussi fou que cela puisse paraître, le verdict tomba : le bébé s’était logé dans le ventre de Marcus : il était « enceint ».
« Par je ne sais quelle opération, je ne sais quel maléfice fomenté par mon inconscient, j’étais en train de devenir une femme, la poitrine et le ventre protubérants, à pleurnicher au moindre prétexte, vous imaginez un peu le désastre ? »

Le périple commence. Des scènes abracadabrantesques vont se succéder. Imaginez juste un instant cette situation. Mais non, n’imaginez pas, lisez ce livre.
« Et si pour elles, je m’en rendais compte à présent, si pour elle ça avait tout d’un chemin de croix, alors imaginez la même chose pour un pauvre bougre, un type moyen de mon genre. »
Et c’est ainsi que commença l’incroyable  histoire du « premier homme du monde » que Raphaël Alix nous fait vivre à travers son bluffant roman. Je remercie les Éditions Les Avrils pour ce beau cadeau.
« Je nommerai la toile « le premier homme du monde », nous dit jacinthe…Tu es le premier Marcus…. le pionnier, le seul d’entre tous à avoir osé. Osé la grossesse, osé enfanter, franchir la barrière, et par là, le seul qui enfin deviendra un homme entier. »

« Et si l’herbe était vraiment plus verte à la campagne ? » De charlotte Léman

Auto-édition Amazon
Parution le 12/12/2020
242 pages

Léa est une jeune femme active, citadine, en couple avec Nathan qui préfère largement  partir en virée entre potes sans sa dulcinée. Un jour, sa grand-mère Lucille (dont je préfère le surnom Mamita) l’appelle à la rescousse : une fracture du poignet la prive de son autonomie, elle a besoin de Léa à ses côtés.
La voilà partie, destination Bourlotte-La-Grande. C’est la campagne. Léa y a vécu de sacrés moments, en garde de drôles de souvenirs… Mais elle avait vite oublié combien cet endroit était « paumé », ce dont elle va aussi vite se rendre compte.
Les retrouvailles avec sa grand-mère en sont une parmi les autres, ses vieilles connaissances et autres amitiés du passé vont refaire surface. Jusqu’au jour où Léa va découvrir le pot aux roses… une supercherie savamment arrangée qui lui vaudra son départ de Bourlotte-La-Grande. Mais ce n’est qu’un aurevoir temporaire, un nouvel événement la ramènera dans ces terres…

Un grand merci à vous Charlotte, pour ce roman qui fait du bien, qui donne envie de grimper sur un vélo et déambuler au beau milieu des champs. J’ai passé un bon et beau séjour campagnard.
Du coup, j’ai bien envie d’aller à Bourlotte-La-Grande. Je veux rencontrer Mamita, entendre chanter Gustave, aller dans cette petite boutique de produits « locaux locaux », suivre les pas de Léa de retour dans ce lieu. Profiter de cette quiétude, sentir l’air qui sent bon. Aller boire un verre avec eux, moi aussi, faire partie des leurs.
A l’heure où nous sommes tous plus ou moins confinés entre quatre murs, le roman de Charlotte Léman ouvre nos fenêtres, pousse nos murs, nous laisse respirer… Son livre n’est pas de tout repos, ça bouge là-dedans. J’ai beaucoup rit (cette scène où Léa mange une pièce montée avec son appareil dentaire), je me suis sentie comme chez moi là-bas. Et puis l’image de Mamita préparant son fameux pain perdu, m’a rappelé ma grand-mère et la générosité avec laquelle elle nous accueillait toujours les bras ouverts.
Finir ce livre, un joli sourire aux lèvres !

« Le secret de l’oiseau blessé » de Betsy Byars

Éditions La bibliothèque de l’amitié
Parution en 1980
150 pages

Un jour, j’ai contaminé ma mère avec le virus de la lecture. Nous avions ce point commun : avant, nous n’aimions pas lire. Ca c’était avant. Mais la lecture opérant son charme, la passion est née aussi chez elle.

Un jour, ma mère à court de lecture, fouille dans sa bibliothèque et découvre un livre jeunesse. Qui date. De plusieurs dizaines d’années. Elle l’ouvre. Le lit. Le dévore. Est touchée par son histoire. A son tour, une fois terminé, elle m’en parle et me le recommande vivement. Je m’aperçois alors que ce livre est un prix qui m’a été décerné en primaire en 1986. Je ne l’avais jamais lu.

En total blocage de lecture depuis quelques jours, tentée, je l’ai ouvert. Voilà dans quelles circonstances j’ai découvert 35 ans plus tard la touchante histoire de Sammy, déposé par ses parents chez son grand-père.

Les relations entre eux ne sont pas bonnes, Sammy le déteste et décide de s’enfuir. Son grand-père se lance alors à sa poursuite. Jusqu’au moment où leur course folle est interrompue par des cris d’oiseau : une grue blessée. Ne souhaitant pas la laisser là dans cet état, le grand-père décide de l’attraper. Ils la ramènent à la maison pour la soigner et la requinquer.

Et c’est en prenant soin de la grue que Sammy et son grand-père vont panser les plaies de leur relation écorchée vive. Au fil des pages, ils s’apprivoisent comme tous ces oiseaux qui virevoltent autour d’eux, de nouveaux liens se tissent. Comme il est bon de les voir évoluer, avancer l’un vers l’autre.
Une très jolie histoire à découvrir, par les petits et les grands (à partir de 11 ans).

La grue a réconcilié Sammy avec son grand-père, et moi avec la lecture !

De ce palier… ©

Il y a un an, tu as pointé le bout de ton spike. Ton arrivée a chamboulé nos vies, attisé nos peurs, remis tant de choses en question. En l’espace d’une heure, une déclaration, des locaux qui se vident, des portables qui se plient, des employés qui desertent leurs bureaux, plantes vertes sous le bras.
Complètement abasourdis, nous avons été catapultés vers cet exil.
De ce palier, se demander si on reviendra bientôt, un sac sur le dos, un pc, un cahier, un stylo.
De ce palier, dire « A lundi » plutôt que « A bientôt ».
De ce palier, sans trop comprendre, avoir l’air hébété face à ce que tu as provoqué.
De ce palier, apprivoiser notre impuissance face à toi, celui qui nous hante et hantera en toute transparence.
De ce palier, remercier ceux qui nous mettent à l’abri.
De ce palier, l’émotion qui submerge, les larmes qui émergent au coin des yeux, la gorge qui se noue.
Quitter ce palier puis traverser ce hall petit à petit déserté, une dernière fois se retourner, comme pour le saluer.
Alors oui, ton arrivée a changé nos vies, garder au fond de soi le doux espoir que ta venue ne sera pas vaine et, qu’en mieux, tu changeras nos vies…

Rencontre avec Karen Merran

📚C’était le 9 Mars 2021, c’était super ! Rencontre virtuelle et conviviale de Karen Merran grâce à Babélio. Une très belle occasion d’échanges et découverte autour de son nouveau roman « Mon coeur serré comme une sardine ». Un grand merci pour ce moment qui fait du bien. 😊

Apéro Gang du polars – Pocket

📚C’était le 2 Mars 2021, c’était super ! L’Apéro Polars Gang Pocket , the place to be : Un endroit où aller !
Avec Céline Denjean , Maxime Girardeau Perso et Fabrice Rose et leurs diaboliques romans « Double Amnésie », « Persona » et « Tel père, telle fille ».

Un grand merci à Pocket et Nathalie Couderc, en partenariat avec la Librairie de Paris à Saint-Etienne. Un très bon moment qui fait un bien fou.