« Le Paris de la Passion » de Jacky Kooken et Monique Ayoun

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Évidences éditions Électrons libres
Parution le 16/06/2018

Petite porte d’entrée dans le milieu artistique. Tout commence par une histoire d’emprises féminines sur deux hommes. D’abord Pierre avec Irina puis Jacky avec Ludmila. Ces deux déesses de la sensualité vont tout mettre en oeuvre, surtout leur talent de séduction pour amadouer les deux protagonistes. Telles des mantes religieuses, elles n’auront aucun scrupule à abuser de leur naïveté, profiter de leurs situations et surtout de leur argent.
Fous d’amour pour leurs belles, chacun son tour fera la leçon à l’autre. Et pourtant tous deux tomberont dans leur piège, dans leur toile savamment tissée.

Pierre vivra une terrible descente aux enfers, en passant même par la case SDF… Jacky saura, bien malgré lui, mettre un terme à cette relation, non sans éprouver une sensation de manque.

La route de ces deux amis se poursuivra, tant bien que mal, la vie leur réservant encore bien des surprises. Ils ne sont pas au bout de leurs peines ni de leurs découvertes et rencontres.

Lecture sympathique, une déambulation dans le monde de l’art, une histoire sur fin de résilience et d’espoir.

« Il en est de l’amour comme du talent artistique. Tous deux sont un don. Donné, il fleurit ; gardé, il flétrit. »

« Des chiffons de Javel…. aux ardents poétiques » de Laurent Desvoux D’Yrek

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Éditions Unicité
Parution le 05/03/2018

Lorsqu’un professeur de français dans le 15ème arrondissement de Paris, aux alentours de la rue de Javel, distille sa passion pour la poésie à ses élèves, ce recueil en est le résultat.

Dans ce recueil de poésies d’aujourd’hui, Laurent Desvoux D’Yrek, aussi poète, confie la plume à ses collégiens, qui deviennent soudainement poètes à leur tour.

Inscrire des ateliers d’écriture en milieu scolaire, dans la foulée du désormais fameux « Printemps des poètes », est une belle initiative et opportunité donnée aux jeunes poètes en herbe, qui révèlent leur talent d’écriture au fil de ces pages.

« Des fleurs dans le vent » de Sonia Ristic

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Éditions Intervalles
Parution le 12/04/2018
Prix Hors Concours 2018

Trois amis. Summer, Jean-Charles (JC) et Alain-Amadou (Douma). C’est leur histoire. Au singulier parce qu’elle est singulière. Ils ont grandi ensemble, dans le même immeuble. Depuis tous petits, comme des triplés, main dans la main, coude à coude.
« Aldina a crié en voyant la créature mêlée emmêlée à trois têtes. Véronique et Françoise ont accouru, chacune attrapant son rejeton et et tentant de le dégager de l’étrange étreinte. »

Une déambulation dans le temps, alternant leurs passés et le temps présent, nous apprend à faire leur connaissance.
Quoiqu’il arrive, ils se sont faits la promesse de toujours être ensemble. Ce bonheur des instants partagés, qui deviendront des souvenirs jamais oubliés.
« Quoi qu’il arrive, on se démerde pour rester toujours ensemble. Promis. Promis. »

Et puis la vie continue, leurs vies s’éloignent quelque peu sans pour autant qu’ils se perdent de vue… mais c’est différent. L’éloignement change leur relation… Leurs sentiments évoluent, l’âge avançant et leur perception des autres diffère.
« Sur la pointe des pieds, l’enfant s’en va. »

La vie les a blessés, a fait d’eux des êtres cabossés, parfois perdus, rendant les attaches plus fébriles, fragilisant les contacts avec leur famille. Mais toujours ensemble, de près ou d’un peu plus loin… Tous les trois.
Chacun son chemin, chacun sa destinée… Ils avancent, chacun avec toujours dans le coeur et la pensée, les deux autres… Ils tombent. Ils se relèvent. Ils rebondissent. Ils s’accrochent.

Je ne veux pas vous en raconter plus sur leurs histoires au risque de déflorer ces jolies rencontres.
Sonia Ristic dessine sur un mur blanc cette formidable fresque amicale, totalement addictive. Comme peinte au pinceau, fin, aux couleurs tantôt tendres tantôt vives… Son titre aurait pu être « Des coeurs dans le vent » parce que rien ne pourra jamais altérer cet amour amical. Cette lecture a semé en moi cette petite graine, portée par leur souffle, qui un jour germera et pour l’instant laisse dans mon esprit son empreinte indélébile et déjà nostalgique… Un veritable coup de foudre !

« On passe son enfance à désirer être un adulte, et le reste de sa vie à idéaliser son enfance. »

« Le chien de Madame Halberstadt » de Stéphane Carlier

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Éditions Le Tripode
Parution le 4/04/2019

Un écrivain, il s’appelle Baptiste. Il a écrit un livre qui ne se vend pas. Il surveille très, même trop, régulièrement ses ventes qui sont toujours au plus bas. Décourageant. Et pour couronner le tout, sa femme le quitte pour refaire sa vie avec un dentiste.
« J’avais écrit un livre que personne ne lisait. »
« La femme avec qui j’avais passé six ans de ma vie avait eu l’idée de me quitter quelques mois plus tôt, alors que je mettais la dernière main à mon livre. »

Ce sentiment d’avoir tout perdu le dévore, il s’enfonce et s’enferme dans son studio, bordélique et peu aéré. Il n’a même plus le courage de s’habiller dignement. Plus rien n’a d’importance. Comme démuni, il se rapproche de sa mère. Jusqu’au jour où sa voisine, Mme Halberstadt sonne à sa porte et lui demande un service : garder son chien, Croquette, pendant son hospitalisation.
Baptiste est sonné, il ne manquait plus que ça ! Ayant du mal à refuser, il accepte. Sans jamais se douter de ce qui l’attend…
« Un écrivain à la ramasse récupère un chien magique et sa vie change du tout au tout. »

Dès que l’animal pénètre dans la vie et le monde de l’écrivain, il chamboule tout. Quel est donc ce pouvoir mystérieux qui agit de la sorte et provoque de tels revirements de situation ? Incrédule, Baptiste assiste, ébahi, à ces changements soudains : son livre remonte dans son classement, il fait des rencontres inopinées. Tout lui sourit et il revient à la vie. Emporté par cette frénésie, il reprend sa plume et se remet à écrire… mais l’inspiration ne revient que par à-coups.
« Je n’étais pas un écrivain. Je m’étais trompé. J’avais pris mon amour des livres pour un talent, confondu lecture et écriture, passe-temps et prédisposition. »

Cependant, il ne lâche rien, sentant bien l’envie le regagner et souhaitant profiter de ce regain de positivité prodigué par Croquette.
« Au moins, j’avais un titre. Il m’était venu dès que je m’étais mis au travail. Tomber sept fois, se relever huit. »

Et puis les liens se tissent entre lui et l’animal. Il s’y attache, ces quelques jours passés ensemble ont été magiques. Mais Mme Halberstadt finit par revenir et récupère son compagnon… mais l’aventure ne s’arrête pas là… Cet animal devient l’objet de bon nombre de convoitises…
« Je crois que je vais demander à ma voisine de me donner son chien. »

Un moment de lecture extraordinaire. Rocambolesque. Touchant et très drôle. Ce duo totalement improbable m’a séduite. Difficile de les quitter en fin de lecture. Baptiste qu’on veut serrer fort dans nos bras, et Croquette à qui on veut faire des papouilles sans modération. Voilà dans quel état m’a laissé ce livre. Beaucoup de tendresse et d’humour, un doux cocktail, le temps d’un instant trop court à mon goût, tant j’ai aimé les accompagner.

« Une irrésistible envie de fleurir » de Christine Michaud

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Les mots de l’auteure : Rencontre avec Christine Michaud chez Babélio – 26 Avril 2019

Éditions Eyrolles
Parution le 25/04/2019

« Christian Bobin : « Ce matin, un petit oiseau est venu se poser sur le bord de ma fenêtre. Il est reparti. Jamais il ne saura combien il m’a fait plaisir. » »

Un roman pas comme les autres. Il y mêle développement personnel et histoire initiatique de son personnage centrale, Juliette. Sa vie est complète, elle a tout pour être bien et heureuse. Un travail qu’elle apprecie, un chéri qu’elle aime… Et puis, il suffit d’un rien pour que tout bascule. Elle perd son emploi, son compagnon la quitte. Et petit à petit, Juliette perd pied à son tour.

Son niveau de confiance en elle est en chute libre, elle ne sait plus où elle en est. Juliette trouve alors un certain réconfort auprès des livres et s’enivre de lecture.
« Les mots sont les passants mystérieux de lames. Victor Hugo. »

Cependant, elle n’a d’autre choix que de se ressaisir pour se retrouver. Mais comment faire ? Où aller ?
« Pas facile de savoir où aller lorsque l’on ignore d’où l’on vient. Je me souviens m’être réfugiée dans les livres. La lecture me sert d’antidote à la déprime. »

Elle se lance alors dans un voyage, sur un chemin initiatique et très spirituel, qui la mènera au Mont-St-Michel, Lisieux et Chartres. Ou comment tenter de retrouver la force et se ressourcer.
« Pour voyager heureux, voyagez léger. Antoine de Saint-Exupéry. »

Pendant cette aventure personnelle, Juliette fera la connaissance de nombreuses personnes qui joueront un rôle important dans sa quête et reconstruction. Gabriel, son fidèle correspondant, Pierre et François, les bretons du Manoir Du Tertre… Grâce à eux, Juliette reviendra petit à petit à elle et prendra une nouvelle destination.
« Une irrésistible envie de fleurir. J’ai grandement besoin d’un nouveau terreau fertile et de beaucoup de lumière. En me glissant sous l’arche, je formule ce vœu : que je fleurisse dans l’amour et la lumière. »

Et puis, son épopée la guidera un beau jour jusqu’à Sainte-Pétronille, sur l’île d’Orléans, où Marie-Luce et Adélaïde seront ses fées bienfaitrices. Adélaïde ! Quel personnage ! A sept ans, cette petite fille paraît inhumaine. Comme un sage, très lumineuse, une vieille âme dans un corps d’enfant. Comme une idéologie, une image inaccessible.
Juliette tombera en amour pour ce village, ses habitants, ses lieux emblématiques, comme cette librairie…
« La boutique de mots qui font fleurir. Parce que, comme je la prends, dans cette boutique, il y a les livres que l’on vend et ceux que l’on donne. Il y a les oeuvres que l’on choisit et celles qui nous trouvent. En mettant le pied dans ce commerce singulier, nous entrons dans une danse livresque nécessaire à notre évolution. À la boutique, les livres bénéficient d’une deuxième vie (et peut-être davantage !) parce que sa propriétaire les offre à ceux et à celles qui semblent en avoir besoin. »

A travers ces personnages, beaucoup d’enseignements sont transmis, donnant des pistes de réflexions et d’actions.
« La méthode PERMA. Chaque lettre de l’acronyme fait référence à un élément de la vie heureuse. Il y a d’abord les émotions Positives, puis l’Engagement, les Relations, le sens(Meaning en anglais) et l’Accomplissement. »

Parmi ces concepts nombreux et très instructifs, il y a aussi celui-ci : « À quoi cela sert-il de posséder de belles choses si on leur interdit de remplir leur mission ? On les garde pour faire joli ? Pour remplir un certain vide ? »
Vivre, utiliser les choses, en profiter.

« Et si l’épanouissement d’une seule fleur pouvait raviver tout un jardin ? »

C’est ainsi que Juliette retrouvera son chemin, se recentrera sur sa personne, se surprendra parfois elle-même.
« La vie est une fleur dont l’amour est le miel. Victor Hugo. »

Un très joli roman riche d’enseignements, de jolies choses, de belles personnes, à l’image de son auteure.
Christine Michaud, votre livre est comme une grappe de lilas : elle pousse, ses feuilles apparaissent, les fleurs font leur apparition puis s’ouvrent pour libérer leur parfum enivrant. Merci pour ce doux moment de lecture et notre sublime rencontre.

« Cultivez toujours cette irrésistible envie de fleurir ! Il ne suffit pas d’exister, il faut apprendre à devenir pleinement vivant. C’est de cette façon que l’être humain s’épanouit et s’accomplit. Il fleurit ! Et il n’est jamais trop tard pour bien faire. »

Rencontre avec Christine Michaud chez Babélio – 26 Avril 2019

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Les mots de l’auteure…

Je suis originaire du Québec.
J’ai commencé par faire des études de droit davantage pour faire plaisir à mes parents. Puis, à mes débuts, j’ai été animatrice télé, en tant que chroniqueuse littéraire. Je me suis ensuite passionnée pour le développement personnel après un burn-out. Je dévorais les livres sur ce sujet et m’amusais à faire les exercices… L’éditeur chez qui j’achetais ces ouvrages, m’a proposé de me lancer dans l’écriture. Je me suis intéressé à l’énergie positive. J’ai suivi des formations spécifiques et des cours d’anglais. Voilà pour mes débuts dans ma vie active.

Et si maintenant je vous parlais un peu de mon roman « Une irrésistible envie de fleurir » ?

Je vis à St Pétronille. J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce village. Très fleuri. Beaucoup de magie. D’ailleurs en ce sens, par le passé, on l’appelait même « l’île des sorciers ». Une histoire raconte que la Vieille Eglise, toujours ouverte à tous, cacherait un vortex, on ressent comme quelque chose qui s’y passe… On est en pleine campagne.

Ce livre est un roman de fiction. Je ne me sentais pas en confiance lors du début de son écriture. Je l’ai donc commencé, l’ai laissé de côté, comme pour attendre la fin de mon rôle d’animatrice télé. Et j’ai alors trouvé comme une force et surtout le bonheur de m’y plonger.
Je me suis beaucoup aidée de mon expérience et de mes lectures. La vie y a aussi contribué. Tout ce qui m’est arrivé m’a permis d’alimenter mon livre. 50 % de bonheur. 50 % de dur labeur.
Pour moi un écrivain c’est à la fois un artiste, qui écrit, qui écrit, qui va au bout de son premier jet d’écriture, et un artisan, qui relis, peaufine et retravaille, sans stress.

Comme vous avez pu le constater, j’attache beaucoup d’importance aux lieux évoqués dans ce livre qui peuvent exister ou non.
Tout d’abord, ce lieu magnifique qu’est la « boutique de mots qui font fleurir », cette librairie n’existe pas. Mais j’ai décidé d’y remédier en l’ouvrant  l’été prochain.
La cabane, elle, existe bien, elle est chez moi, mais pas comme dans le livre, c’est la raison pour laquelle je vais la transformer en cabane à livres destinée à la population.
Le Manoir Du Tertre est un sacré lieu bien réel  aussi. Je l’ai évoqué parce que j’y ai été invitée par un ami, lors d’une dernière nuit d’un de mes voyages ; je voulais absolument visiter la forêt de Brocéliande et c’est ainsi que j’ai atterri là-bas, à ma grande surprise !
Pourquoi la Bretagne, parce qu’à l’issue d’un voyage spirituel quasiment identique à celui de Juliette, j’y ai passé quelques temps et j’ai aimé ce coin de France.

Ce livre a été édité au Québec en octobre 2018, il a rencontré un très beau succès.

Dans ce roman, il est question d’un rapport entre fiction et développement personnel. Il regorge d’enseignements, transmis par l’intermédiaire de Juliette. Il est aussi beaucoup question de partage et de bienveillance. J’ai été marquée par beaucoup d’histoires de vies que j’ai lu, de romans. J’avais un objectif principal qui était de faire passer un bon moment à mes lecteurs. Parce que j’ai l’intime conviction que lors de nos lectures, des choses s’installent en nous…

Mes personnages…
Parfois on n’arrive pas à leur faire faire ce que l’on veut. Paradoxal mais vrai. Même si nous tenons la plume et qu’ils sont le fruit de notre création, ils ont leur personnalité et leur caractère.
Lors de cette rencontre, vous avez tous été assez surpris par le personnage d’Adélaïde. Effectivement cette petite fille de 7 ans est très spéciale. Elle ne paraît pas être humaine. Elle ne ressemble à personne. En ce qui me concerne, j’ai beaucoup aimé ma grand-mère, j’avais beaucoup de discussions avec elle qui ont pu influencer ce personnage d’Adélaïde même si cela peut sembler assez farfelu. C’est une enfant très lumineuse. Elle a des messages à transmettre. Un de mes rêves les plus fous serait qu’il y ait de plus en plus d’humains aussi éveillé que cette petite fille. Et ce, même si elle peut faire penser à un personnage de fiction.
Retour à la naïveté, pour ouvrir votre conscience, pour vous amuser, pour être moins sérieux, un retour à votre moi enfant. D’ailleurs dans le livre, on suggère d’avoir une photo de soi, enfant, entre 7 et 10 ans, pour justement se souvenir de cet état.
Le personnage d’Adélaïde est un peu comme un sage, une vieille âme dans un corps d’enfant.
J’ai aussi instauré en quelque sorte un jeu entre les personnages, notamment pour permettre à Juliette de rencontrer Adélaïde. Cela m’a semblé nécessaire, comme un besoin pour Juliette de se préparer. Être moins dans son ego, moins fermée. Juliette devait s’ouvrir et Adélaïde l’a bousculée.
J’ai aussi utilisé un certain nombre d’images, comme par exemple celle de l’arc-en-ciel et de la discorde des couleurs. Pour moi cela représente bien la société, nos différences, mais il existe malgré tout quelque chose qui nous lie, nous devons retirer nos oeillères, sortir de tous ces jugements.

En guise de titres de chapitres, j’ai choisi ces citations, parce que je les aime et que je les trouve plus poétiques que de simples titres. Je suis une fan absolue des citations, j’en ai des cahiers entiers et il m’a semblé donc important de les utiliser, les mettre en valeur dans mon livre.

En ce qui concerne la couverture, mon éditeur m’en a proposé un bon nombre. Celle-ci ne me plaisait pas trop au départ et puis finalement, lorsque j’ai reçu le livre, je suis tombée en amour pour cette illustration. Elle est identique au Québec.
Le titre, lui, a été tout de suite le premier retenu. La première inspiration fut la bonne.

L’être humain doit s’épanouir, fleurir, on parle d’ailleurs de floraison humaine, il faut se laisser du temps comme une fleur le prend.

Mon prochain livre ? Mon deuxième roman est en cours … dans lequel je mets en scène une vieille dame d’environ cent ans et sa petite-fille. Il sera moins axé sur le développement personnel que celui-ci. Etant donné que je vis un peu en Floride de temps en temps, je me suis inspirée de cet endroit. J’ai le titre, et cette citation de Blaise Pascal, sur les rêves, pour y croire et les faire se réaliser…

« Trois jours à Berlin » de Christine De Mazières

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Éditions Sabine Wespieser
Parution le 07/03/2019
Coup de coeur des lectrices Femina Mai 2019

Je me souviens très précisément de ce soir, historique, dont ma jeunesse ne me permettait pas de me rendre compte de l’ampleur de ce qui se passait sous nos yeux. En direct. Le jour de la chute du mur de Berlin. Nous étions en famille, agglutinés tous les quatre sur notre canapé, à des kilomètres de ce lieu où se jouait, là, le chamboulement de ces nombreuses vies.
« D’habitude, j’évite les abords du mur et de tout ce qui rappelle que je ne pourrai jamais y aller, de l’autre côté. Pourtant, j’avais cru y arriver, une autre nuit. »

Un peuple en mouvement, secouant et brisant les chaînes qui les ont trop longtemps divisés.
« Miradors, barbelés, le mur les toise. Le mur est une scie qui déchire la chair. »

« Ici, à la frontière, à la place du Peuple résigné et soumis de la RDA, se tiennent des personnes qui clament leur désir de liberté. Ils sont venus fuir un pays muselé et ils rencontrent un peuple en train de secouer ses chaînes. Une onde de joie illumine les visages et allume de minuscules étincelles dans les regards. »
Ce court roman retrace les trois jours passés à Berlin, par plusieurs personnages donnant ainsi l’angle de vue de chacun d’eux. Et Anna en est le centre. La pièce commune à tous.
On vit cet événement, on y est, dans la foule qui se masse devant ce mur, d’abord dans le calme, pacifique. Parce qu’on leur a promis l’ouverture. La libération. L’unification. Une promesse qu’ils attendent d’être tenue. Depuis si longtemps.
« Ils ont annoncé qu’ils vont ouvrir le mur, comme ça, tout à coup, c’est incroyable, quel espoir ! Allez-y donc, Fraulein, et revenez nous raconter. »

A travers ces pages, on assiste à leur stupéfaction, ils sont comme subjugués par ce qui est en train de se produire.
« La RDA leur promettait l’Égalité, ils voulaient la Liberté, ils trouvent la fraternité. »

Et leur sidération devient la nôtre, nous lecteurs, en plein coeur de ce roman bref et puissant, tranchant et bouleversant. On se sent faible devant une telle force, ce cri d’un peuple, son espoir.
Un très grand coup de coeur !

« Quand la vie tourne au ralenti comme dans une salle d’attente, quand les hommes finissent par se taire par dégoût du mensonge, lire est un refuge. »

« Toutes ces heures passées à oublier l’Etat des ouvriers et des paysans en lisant, toutes ces heures à s’évader par l’imagination. Dans nul autre pays au monde, on ne lit autant. La République démocratique allemande a mérité le surnom de LeseLand, pays de lecteurs. »