Prix des nouvelles voix du polar

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Très heureuse d’avoir été sélectionnée pour participer au « prix des nouvelles voix du polar 2019 » organisé par les Éditions Pocket. 4 finalistes avec l’immense plaisir de les découvrir…

Voici donc mon prochain chemin littéraire. De belles lectures en perspective dont voici les 4 livres en lice que notre jury devra départager fin août 2019 !

Y’a plus qu’à lire…. puis à voter .

Merci aux Éditions Pocket.

« Surface » de Olivier Norek

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Éditions Michel Lafon
Parution le 11/04/2019

Ne vous fiez pas qu’aux apparences, parfois la surface cache bien des mystères….

Noémie Chastain est une excellente policière. Mais un jour, les risques du métier s’en mêlent ; lors d’une interpellation, elle est atteinte en plein visage. Elle sera sauvée mais son apparence sera blessée à jamais, jusqu’au point qu’elle ne se reconnaisse plus elle-même.
« Avez-vous déjà réfléchi à la fonction du visage ? Avez-vous compris qu’il est le reflet de tous vos sentiments ? On y lit le chagrin, la joie, les peurs, les interrogations, la douleur comme la jouissance. Il parle, avant même les mots. »

Ses cicatrices, autant physiques que morales, auront raison d’elle et de sa carrière. Et c’est ainsi que sa hiérarchie va décider de l’écarter des autres en l’envoyant exercer dans un petit commissariat de campagne dans l’Aveyron. A son arrivée, Noémie est perdue, mais elle est encore bien loin de se douter de la tournure que va prendre sa nouvelle vie.
Elle prend ses marques, fait connaissance avec ces nouveaux coéquipiers… Un calme plat règne. Mais un jour, un fût fait son apparition, cachant en son antre, un cadavre. Et c’est ainsi qu’une histoire, tenue secrète depuis plus de vingt cinq ans, refera surface.
Noémie et son équipe sont chargées de l’enquête et s’y accrochent pour ne pas en être dessaisies. Au fil de l’eau, ce village perdra de sa sérénité, les actes du passé viendront bousculer la vie paisible de cette petite contrée.
Entre disparitions d’enfants, meurtres et autres manipulations, le puzzle sera difficile à reconstituer mais rien n’arrête Noémie Chastain dans sa quête de la vérité.
« Même les romanciers, quand ils sont bloqués, laissent passer la nuit pour que leur inconscient trouve le chemin. »

Pas de place pour la légèreté. L’intensité de l’intrigue et de l’écriture m’ont rendue complètement addict de cette histoire, mais aussi et surtout, fan de Noémie Chastain.
Au-delà de l’enquête dans laquelle Olivier Norek nous mène « par le bout du nez », il y a une véritable trame de fond sur le rôle que joue  l’apparence, la relation des êtres humains aux différences des autres. Sa force de caractère et son courage sont autant de qualités qui m’ont fait apprécier son charisme hors norme. Noémie est admirable, elle est devenue mon idole. Cette histoire ferait un formidable scénario pour une adaptation cinématographique.
Olivier, tu m’as piégée, j’ai traversé des zones d’ombre que je pensais avoir éclaircies mais il a suffit de quelques pages pour tout remettre en question. De rebondissements en révélations surprises, j’ai moi aussi joué à l’enquêtrice…  A un rythme effréné, à couper le souffle.
Une superbe performance, couronnée par des Prix Littéraires amplement mérités.

« L’Albatros » de Nicolas Houguet

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Éditions Stock
Parution le 13/03/2019

L’Albatros m’a déposée sur un nuage duquel je vais avoir beaucoup de mal à descendre. Je ne suis pas prête d’oublier ce fabuleux et intense voyage, sur les ailes de ce bel oiseau, constituées de la plume démentielle de Nicolas Houguet.
« Je me souviens de tout ce que je n’ai pas vécu et dont je portais déjà l’espérance et le deuil. »

Comment trouver les mots à poser sur ce que je viens de vivre à travers ces lignes ? J’aimerais disposer d’une batterie, comme celle qui accompagne probablement Patti Smith… pour faire du bruit, un tel vacarme autour de ton livre Nicolas, pour qu’encore plus de lecteurs lectrices découvrent cette bombe.
« J’ai toujours eu un pied dans deux réalités. Celle de ma vie, largement chiante, contraignante, avec des péripéties qui ne m’intéressent que rarement, des contingences qui me font enrager. Et puis l’autre. Celle des poèmes que j’enchaînais. Des bouquins que je dévorais pour me fondre en eux, me projeter. Pour me découvrir par les mots de ceux qui me ressemblaient vraiment. »

Comment veux-tu que je le raconte ? Cela m’est impossible ! Depuis le peu de temps que nous nous connaissons, j’ai toujours été en admiration devant ta force. Comprendre enfin ce qui t’anime… ce que tu traverses… ce que tu endures… qui tu es (un petit peu)… celle que tu as tant aimé…
« Avoir le cœur qui explose et oublier que je suis en fauteuil roulant dans ses yeux. »

Cette lecture a été aussi émouvante, touchante, bouleversante que musicale. Sans cesse, Patti Smith a fredonné à mon oreille ses chansons mais celle qui m’a accompagnée tout du long reste « Because the night ». Cette musique dans ma tête, inutile d’avoir un casque… tes mots ont divinement joué ses notes… J’y étais à ce concert. Tu m’y as embarquée et comme ce fut bon !
« Pourtant je ne lisais pas. Je n’aimais pas ça. Les livres ressemblaient à des tombeaux. A des choses impressionnantes et un peu hostiles. »
« Se souvenir des livres qui nous ont inspirés, qui nous ont grandis, qui nous ont même parfois tirés de la léthargie et de la détresse des grands chagrins. Se souvenir des pages que l’on tournait d’une main molle et exsangue. Des mirages littéraire qui nous ont ranimés comme des sortie de coma. Nous ont empêchés d’enjamber le parapet au-dessus d’un fleuve rendu noir et moiré par une nuit sans étoiles. »

La puissance de ton écriture, l’empreinte de ta plume, le choix de tes mots, ont provoqué un séisme suivi d’un tsunami à l’intérieur de moi.
Tu m’as mise KO dès le premier round… Des sourires se sont dessinés sur mon visage. Des moues ont surgi, des larmes ont jailli, je n’ai rien contrôlé !
« Je découvrais la douleur intrinsèque de mon infirmité, lucidité que je m’étais débrouillé pour ajourner depuis plus de 30 ans. »

« J’ai la conviction profonde qu’aucun bonheur ne vaut s’il n’est pas partagé. Rien ne peut naître de bon de la solitude. »

« L’écriture raconte une fuite et comble une absence. Parce que la nuit appartient à ceux qui s’aiment. Pas à ceux qui se l’écrivent. »

Je vais me répéter mais je dis toujours que les livres sèment des graines en nous qui finissent toujours par germer… Et ton Albatros, cette graine, il l’avait dans son bec, qu’elle a quitté pour rejoindre ma forêt intérieure.

« Because the night belongs to lovers
Because the night belongs to lust
Because the night belongs to lovers
Because the night belongs to us »

« Si je me souviens bien » de Hélène Le Bris

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Éditions Eyrolles Roman
Parution le 06/06/2019

Marthe est une victime d’Alzheimer, cette maladie qui s’en prend à son cerveau et attaque sa mémoire, en détruisant ses souvenirs à petit feu.
Faisant partie intégrante de sa vie, comme un « coloc indésirable » ayant élu domicile dans son corps, elle a décidé de l’apprivoiser jusqu’à même lui donner un nom : Al.
« Al n’a pas encore attaqué la partie de mon cerveau qui stocke le plan de mon appartement. »

Ce monstre silencieux a une préférence pour les événements récents… tout un mystère. C’est ainsi que Marthe se souvient encore si bien de son passé… et se met à nous le raconter. La tristesse émerge en moi, comme une vague insurmontable quand ses épisodes de trouble font surface. Et puis se répètent. Et puis se prolongent… Que j’en viens moi-même à me perdre, dans son temps, sa narration.
« Mes souvenirs surgissent et se désagrègent comme des bulles de savon soufflées par les enfants. »

Jusqu’au jour où elle tombe sur un article de magazine qui soudainement lui rappelle son Amour, Adrien. Son sang ne fait qu’un tour, sous couvert d’un mensonge pour échapper à son proche neveu Vincent, elle décide de partir à sa recherche… Mais cette quête lui réserve bien des déconvenues et une destination encore insoupçonnée pour elle.

Ce livre fait écho à ma lecture précédente, « Tout le bleu du ciel » de Mélissa Da Costa (Éditions Carnets Nord), qui raconte lui aussi l’intense histoire d’une victime d’Alzheimer. Comme il est bouleversant d’assister, impuissante, à cet état, à cette dégradation progressive et insidieuse.
Au fil de ces pages, Hélène Le Bris déroule le fil de cette histoire de vie, hachée par les oublis. Le fond n’est pas larmoyant, je trouve qu’il donne au contraire le change, jusqu’à pousser Marthe à défier Al, de la laisser tranquille, de l’oublier un peu…
A l’image de sa couverture, de très belles illustrations monochromes prennent place et ponctuent ce roman, comme un souffle, une bulle d’oxygène.

Gang du polar des Éditions pocket – 25 juin 2019

C’était le 25 juin 2019… C’était super sympa, au 11L à Paris 11eme…

Et c’était mon premier « gang du polars » organisé par Pocket. Il y avait des auteur(e)s extra, drôles, passionnés et quelque part un peu complices aussi… Quel plaisir que de les écouter nous parler de leurs oeuvres et de la passion pour les thématiques qu’ils abordent.

J’ai nommé:
– Jérôme Camut et Nathalie Hug pour « Islanova »
– François-Xavier Dillard pour « Réveille toi »
– Sandrine Destombes pour « Ils étaient cinq »

De quoi nous faire passer quelques nuits blanches supplémentaires.

Un grand merci à toute l’équipe de Pocket Editions et aux scribes de ces histoires frissonnantes.