« Un aller simple pour deux » de Sylvie Del Cotto

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Éditions La P’tite Tartine
Parution le 01/02/2020

Quand je découvre un talent littéraire, c’est un peu comme la découverte d’un trésor. J’ouvre le livre, sans trop savoir ce qui s’y cache. Je m’accapare l’histoire. Je m’invente une amitié imaginaire avec les personnages. Je fais leur connaissance, je les suis, je les observe et je m’attache. Ce qui est bien avec  la lecture, c’est qu’on peut voyager aisément (et sans attestation de déplacement). Braver des interdits sans conséquences et surtout sans mettre en danger la vie d’autrui.
Voilà ce qui s’est produit à la lecture du livre de Sylvie Del Cotto. Olivier et Anna m’ont embarquée avec eux à bord de ce train. Et c’est le temps de ce voyage, cet aller simple, qu’ils ont décidé de se revoir.
« J’ai cru contourner l’étape séduction en me réfugiant dans les bras de mon amant d’autrefois. »

Mais sur les rails de leurs retrouvailles, les embûches ne cesseront de semer le doute, comme des épreuves à passer.
Des bribes de leur histoire ressurgissent. Pas toujours suffisantes ni encore d’actualité pour leur permettre de savoir si… Le temps est passé, ils ont changé. Mais leurs sentiments sont-ils toujours intactes ?

Arrivée à destination, en tournant la dernière page, je me suis retrouvée sur le quai de cette gare, sans eux. Comme abandonnée là par des amis de longue date, que je ne voulais plus quitter.
Sylvie, toi tu sais combien j’ai aimé te lire. Toi tu sais combien j’ai envie d’encore te lire et peut-être faire en sorte que je les retrouve tous les deux… Pour une suite ou un nouveau puzzle dont tu es la seule détentrice des pièces qui le composeront pour mon plus grand plaisir. Merci à toi et aux Editions La P’tite Tartine pour ce beau voyage, un aller qui, je l’espère, donnera lieu à un retour…

« A toit ouvert » de Deolinda Da Silva

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Éditions Du Panthéon
Parution le 05/07/2019

J’ai acheté un billet virtuel et j’ai pris l’avion direction le Portugal. A Porto, Julia m’attendait. Nous ne nous connaissions pas encore. Nous avons quitté l’aéroport. En arrivant en plein centre ville, nous nous sommes installées à une terrasse de café ensoleillée. Et puis, elle s’est mise à me raconter son histoire. Leur histoire.
Celle de la jeune femme qu’elle était et qu’elle est devenue. Lorsqu’elle était petite, elle a quitté le Portugal avec ses parents. Ils sont venus s’installer en France, à la recherche d’une vie meilleure. Mais au fond d’elle, Julia gardait toujours le profond désir d’un retour sur sa terre natale. Ce qu’elle se décida à faire. Changer de vie.

A son arrivée à Viana Do Castelo, elle retrouva cette douceur de vivre qui lui était si chère. Mais son installation fut difficile et elle dut faire face à la complexité de la recherche d’emploi. Grâce à un ami de son père, elle put loger dans un petit appartement en échange de quelques travaux ménagers. Le temps des vacances d’antan, de l’insouciance de jeunesse, est bien différent de celui de la réalité de la vie.
Et puis un jour, elle finit par trouver un poste dans une galerie d’art. Elle tombe alors en admiration devant un tableau, qui la bouleverse au plus haut point et la fait littéralement chavirer, jusqu’à perdre pied. Sur cette œuvre est représenté un jeune homme de dos, assis sur un banc près d’un pont.
Sujette aux rêves prémonitoires depuis longtemps, Julia a d’étranges sentiments ; cet inconnu vient hanter ses nuits, chacune en révélant un peu plus sur lui.
Elle décide alors de partir à sa recherche. Qui est-il ? Où vit-il ? Comment le retrouver ?
Pendant ses visions nocturnes, elle perçoit quelques indices qu’elle s’empresse de compiler pour tenter d’assembler les pièces de ce maigre puzzle. Elle finit par découvrir son nom.

Lui c’est Ivan Gregorio. Il est SDF. A Porto. Sa vie a basculé lorsqu’il était tout jeune, après le décès de ses parents dans un accident de voiture. Sa passion, c’était la peinture. Et ça il l’avait compris bien assez tôt. Alors il a peint des tableaux. Mais un événement vint chambouler son existence, un choc immense provoquant sa mal voyance. De fil en aiguille, il perdit tout et se retrouva à la rue.
« Les gens n’imaginaient pas ce que c’était de dormir dehors, à toit ouvert. Certains les insultaient, d’autres les traitaient comme des chiens. Sans compter ceux qui alertaient les autorités plutôt que de se demander ce qu’ils feraient s’ils avaient été à leur place ? Proposer de l’aide ? Un simple sandwich pouvait rendre à un SDF heureux. »

Et puis il croisa la route de Paul, l’un de ceux qui lui tendit une main. Parce qu’il ne fut pas le seul. Le chemin d’Ivan fut parsemé de rencontres.
« Lorsque l’on n’a rien, on apprécie toutes les petites satisfactions que la vie nous donne, aussi petites soient-elle. »

En parlant de chemins, ceux de Julia et Ivan vont se croiser également, une quête de l’inconnu qui portera ses fruits. Et c’est ainsi que leur histoire finira par s’écrire… Ils vont se rencontrer, se découvrir, s’apprivoiser…
« L’amour a cette force incroyable, qui nous dépasse et qui nous montre que tout est possible, quand on y croit vraiment. »

Ce livre pourrait commencer par « il était une fois… » parce qu’il a ce côté conte des temps modernes. Quand Julia est envoûtee par la vision de ce tableau, j’y ai aussi trouvé comme un petit soupçon de l’oeuvre 1Q84 de Haruki Murakami, avec ce double monde, cet imaginaire dans lequel on se laisse embarquer bien volontiers. J’ai trouvé cette histoire très belle, pleine d’amour mais aussi d’espoir et de bienveillance, très touchante et attachante. Le Portugal, pays de mes racines et de mon sang, y déambuler dans les rues de Porto, en plein confinement, m’a fait un bien fou. La lecture c’est beaucoup une histoire d’instant, mon choix s’est porté sur celle-ci parce que j’avais besoin de ça maintenant. Coup de coeur décerné !

« L’amour a ses raisons, que la raison ne peut comprendre. »

« Qu’il emporte mon secret » de Sylvie Le Bihan

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Éditions Seuil
Parution le 12/01/2017

Très chère Hélène,

J’ai découvert votre poignante histoire à travers les mots et la plume puissante de Sylvie Le Bihan. J’ai été très touchée par votre parcours, ce que vous avez subi, autant par le passé qu’à l’instant présent de votre narration. J’ai maintes fois eu envie d’hurler, comme ressentant vos souffrances et votre désemparement.
Le hasard a remis sur votre route celui qui vous a anéantie et volé cette partie de votre être, un bout de votre vie. Il a suffit d’une lettre…
« Surtout que le nom de l’accusé, Joël Domois, n’appartenait même pas à mon passé jusqu’à ce que je le croise par hasard, ce jeudi 29 octobre 2015, dans la bibliothèque du centre pénitentiaire pour hommes de Nantes. »

J’ai aimé le fait que vous soyez une auteure, romancière, mais aussi votre relation avec Léo et cette longue lettre que vous lui avez consacré, dans laquelle vous levez le voile sur votre secret enfoui au plus profond de vous-même.
« J’écris pour qu’il oublie l’euphorie de notre nuit et qu’il respire l’air vicié de mon passé : je dois le dégoûter. « 

J’ai attendu avec vous ce procès, dans cette chambre d’hôtel que j’imagine très impersonnelle, sentant les cigarettes froides que vous consumez comme pour conjurer le sort et faire passer le temps, le temps de vos nuits sans sommeil. C’est alors que vous reviennent ces images, celles de cet horrible été 1984… Les sensations, les douleurs, l’abandon et la peur…
« Laisser filer et dormir d’un grand sommeil, trouver la Paix enfin. »

A ce procès, vous allez y être. Même s’il ne jugera pas tous les crimes que cet ignoble personnage a commis, vous serez là, pour raconter la victime que vous avez été et êtes encore. Cette attente est comme une seconde torture parce qu’elle vous replonge dans cette nuit d’atrocités inoubliables.
« Je voulais déchirer cette lettre, la brûler, l’avaler, pour qu’elle rejoigne l’endroit où toutes les images de cette nuit de juillet 1984 avaient été si rapidement enterrées. Que ces phrases disparaissent, que Joël Domois pourrisse dans sa cellule jusqu’à la mort et qu’il emporte avec lui mon secret. »

Je cesse de trop en dire pour que le plus grand nombre de lecteurs puisse faire votre connaissance. Pour ma part, j’ai été profondément touchée par cette lecture, j’ai été comme à vos côtés à chaque moment ici raconté, sans néanmoins pouvoir vous serrer fort contre moi pour vous apporter un peu de réconfort… Celui dont vous avez tant manqué mais que, j’en suis sûre, vous allez trouver. Hélène, vous êtes devenue une nouvelle amie littéraire et c’est grâce à Sylvie Le Bihan que cette rencontre a pu se faire. Je la remercie infiniment pour ce cadeau que je ne suis pas prête d’oublier.
« Le temps passe et emporte avec lui les visages insouciants, il n’y a que ceux de la cruauté qui ressurgissent. »

« C’est pour un rendez-vous » de Marie Jousse

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Auto Édition Amazon
Parution le 12/06/2018

J’avais déjà eu l’opportunité et la chance de découvrir la jolie plume de Marie Jousse avec son 1er roman « Un acrobate au bord de l’oeil ». Alors lire celui-ci, c’est un peu comme de belles retrouvailles.

 » il m’écoutait parler et regardait la larme qui jouait à l’acrobate sur le bord de mon œil. »
J’ai découvert l’histoire de Sophie, celle qu’elle nous raconte. La sienne et celle des siens. De sa famille et de son enfance. Lorsqu’un verdict tombe comme une sentence sur la santé de son père, Sophie est prête à tout pour lui venir en aide. Elle imagine alors tout un stratège qu’elle met en place, sans suspecter l’impact qu’il aura dans sa vie.
Des liens se tissent, d’autres s’altèrent par la perte des êtres chers et aimés… Leur absence était impensable, leur manque devient la réalité de cette famille ébranlée par ce châtiment funeste.

« Une maison sans mon père, sans musique, sans cris, sans fous rires. Une maison vide de 50 % de mon enfance. »
Des souvenirs d’enfance, la mémoire des lieux, l’amour, la souffrance et la tristesse, tels sont les thèmes de ce fabuleux roman. J’ai été plongée dans ses pages, aux côtés de Sophie et de ses proches, comme s’ils étaient les miens. Ses sentiments, ses émotions je les ai aussi ressentis… Comment un roman si bref peut-il être aussi intense ? Lu d’une traite, la qualité d’écriture et la justesse des mots de Marie Jousse ne sont plus à démontrer. J’espère que des éditeurs sauront capter son talent.

« Ne pas grandir pour ne pas voir mourir ceux qui nous ont élevés. »

Rendez-vous sur Amazon pour partir à sa découverte :

« Le courage des autres » de Hugo Boris

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Éditions Grasset
Parution le 08/01/2020

Sélection Prix des Lectrices Elle 2020

Il avait pourtant  à sa disposition toutes les « armes » pour agir. Il connaissait les gestes et les prises précises qu’il venait d’acquérir en obtenant sa ceinture noire de karaté. Mais à l’occasion qui s’est présentée, l’environnement et les circonstances l’ont littéralement immobilisé. La peur l’a submergé, un seul réflexe s’est manifesté comme un automatisme : tirer le signal d’alarme.

Lorsqu’il fut le spectateur de cette agression dans les transports en commun, il n’a pas réagi. Face à ce sentiment de lâcheté qu’il éprouve envers lui-même, il a décidé de concilier dans ce qu’il appelle « Un herbier » les scènes quotidiennes du métro, RER et autres quais et couloirs, illustrant le courage ou la désinvolture des usagers.
« Quinze ans que je consigne dans le métro en quelques lignes, sur le vif, les cadeaux du hasard, le ravissement d’une scène, d’une rencontre, le saisissement d’un mot lu ou entendu. Quinze ans que j’herborise dans les transports en commun. »

Il est comme fasciné par ces comportements. Du haut de son strapontin, il observe, il recense. Et puis il nous raconte.

A le lire, je me suis prise à espérer le voir m’évoquer. Et si j’avais croisé son chemin sans le savoir ? J’ai lu ce livre au rythme effréné où défilent les métros, où passent les voyageurs, où changent les situations. On y sent sa fragilité et sa détresse, ce sentiment d’impuissance qui l’envahit parfois au détriment d’un courage qui peut tout aussi bien surgir sans prévenir.
« Lorsque nous sommes attaqués par surprise, notre première réaction est une courte phase d’hypervigilance : nous nous pétrifions, nous nous orientons sur la menace, nous scrutons, nous écoutons. »

J’ai aimé peut-être parce que ce quotidien c’est aussi le mien comme celui de millions de personnes. Il fallait juste avoir l’idée de capturer ses scènes sur les pages de ce superbe livre que nous offre Hugo Boris.

« …le courage qu’il faut pour avouer qu’on n’en a pas, je ne suis qu’un guéri imaginaire à cette seconde, je le sais… »

« L’Instant Blogueuse »

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C’était le 5 Mars 2020 à la librairie L’Instant – Paris 15ème

La libraire L’instant et le blog LittéLecture se sont alliés pour vous proposer l’instant blogueuse. Ce nouvel événement est l’occasion de partager nos coups de coeur littéraires, d’échanger et passer un bon moment convivial autour des livres.

Avec Sandrine Babu, ma chère libraire, nous avons pu établir des passerelles, entre un roman et l’art, par exemple.
C’est aussi ça la lecture, permettre de découvrir un univers jusqu’alors inconnu.

Je remercie infiniment Sandrine Babu pour son chaleureux accueil dans sa belle librairie ainsi que les participantes.
Nous vous donnerons à nouveau rendez-vous prochainement, lorsque les circonstances nous permettront de nous retrouver tous sereinement autour de la lecture et des livres.

Retrouvez ci-dessous la liste des livres présentés dont les chroniques attendent votre visite sur LittéLecture Blog !

Romans
– « Tout le bleu du ciel » de Mélissa Da Costa aux Editions Carnets Nord et Livre de Poche
– « Rien n’est noir » de Claire Berest aux Editions Stock
– « Girl » de Edna O’Brien aux Editions Sabine Wespieser

Policier / Thriller
– « Qui a tué Heidi ? » De Marc Voltenauer aux Editions Pocket
– « Mon territoire » de Tess Sharpe aux Editions Sonatine

Autres divers
– « Les Livres prennent soin de nous. Pour une bibliothérapie créative » de Régine Detambel aux Editions Actes Sud

BD / Essai
– « Le roman des Goscinny » de Catel aux Editions Grasset

« Le Maître des livres – Tome 1 » de Umiharu Shinohara

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Éditions Komikku
Parution le 28/08/2014

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Un challenge personnel et c’est un pari gagné ! Une sublime découverte et un grand ravissement d’avoir enfin pénétré le monde des Mangas. Le titre m’a de suite attiré : « Le Maître des livres ».

Dans cette bibliothèque pour enfants, le bibliothécaire est un passionné. Il conseille formidablement ses usagers et met entre leurs mains les livres qui leur ressemblent.
D’aventures, d’histoires, les lecteurs en ont soif et affluent dans cet antre où les livres et la lecture sont rois.

On y fait connaissance avec une multitudes de personnages, d’enfants qui découvrent les mystères et le bonheur de lire enfin…
La lecture de Manga est si particulière qu’elle peut être repoussante. Mais une fois qu’on a pris le pli et acquis sa technique, les planches et les bulles défilent à vitesse grand V.
Je suis ravie d’être entrée dans ce monde, ce n’est qu’un début, très prochainement, à moi les tomes suivants.